Extrait du message du Pape Saint Jean Paul II à l’occasion du dimanche de la Sainte Famille

La Sainte Famille
(Rome, le 31 Décembre 1978) 
 
  
La famille de Nazareth, que l’Église met devant les yeux de toutes les familles, surtout dans la liturgie d’aujourd’hui, constitue effectivement le point de référence culminant pour la sainteté de toute famille humaine. L’histoire de cette famille est rapportée d’une façon très concise dans l’Évangile. Nous en connaissons tout juste quelques événements. Mais ce que nous en savons nous suffit pour pouvoir en insérer les moments fondamentaux dans la vie de toute famille et pour faire apparaître la dimension à laquelle sont appelés tous ceux qui vivent la vie de famille : pères, mères, enfants.

 
L’Évangile montre avec beaucoup de clarté l’aspect éducatif de la famille : « ll revint à Nazareth et il leur était soumis. » (Lc 2, 51.) Pour les jeunes générations, cette « soumission » est nécessaire, dans l’obéissance, la disposition à accepter les exemples mûris de la famille et de son comportement humain. C’est ainsi qu’était « soumis » Jésus lui-même. Et c’est cette « soumission », cette disposition de l’enfant à accepter les exemples du comportement humain qui doivent servir de mesure aux parents dans toute leur conduite. C’est le point particulièrement délicat de leur responsabilité de parents, de leur responsabilité devant l’homme, devant ce petit homme appelé à grandir qui leur est confié par Dieu.
 
(Rome, le 31 Décembre 1978) 
 
 

« Comment cela va-t-il se faire? »

Quatrième dimanche de l’Avent
Fr. Régis Belzile, capucin
 
 
 En entendant le texte de saint Luc (1, 26-38) en ce dimanche avant Noël, il y a des gens qui se diront peut-être :  « encore un texte qui nous parle des anges! », oui, on dirait que les anges ne passent pas très bien avec certains…

 
Pourtant les anges ont la cote aujourd’hui, jusque dans des films comme « Les ailes du désir » et « Si loin, si proche ».
 
Il y a aussi dans ce texte de Luc la question qui soulève parfois doute ou ironie :  « comment cela va-t-il se faire? »
 
Mais est-ce la question primordiale que pose ce texte?  Si cet événement nous est décrit dans l’évangile, ce n’est sans doute pas le résultat d’un examen médical.  Plutôt que de s’interroger sur la manière dont cela s’est passé, il vaut mieux se demander :  « de qui s’agit-il? »…
 
Il s’agit de la personne de Jésus.  Cet homme, n’est pas un homme ordinaire.  En lui, c’est Dieu qui rejoint l’humanité.  Jésus a une vocation et une mission extraordinaire que toute sa vie révélera.
 
Ce message-là, c’est un ange qui l’annonce.  Dans toute la Bible, ce que l’on voit avec l’intervention des anges, ce sont des communications transmises de la part de Dieu.
 
Dans la société, on trouve des porte-parole; ils rapprochent les gouvernants du peuple.  Le porte-parole transmet un message.  Ainsi les anges dans la Bible; ils permettent la communication entre le mystère de Dieu et l’histoire des humains.
 
Ce dimanche qui précède Noël prépare les esprits à un événement porteur d’avenir.  L’ange atteste que le ciel intervient dans notre vie avec une parole qui nous vient d’ailleurs.  Ça nous concerne :  Dieu veut nous sauver la vie.
 
Fr. Régis Belzile, capucin
 
 
Troisième dimanche de l’Avent
Fr. Louis Cinq-Mars, capucin
 
  
Ce troisième dimanche de l’Avent nous invite à la joie ; cette joie est le signe des chrétiens. La joie n’est pas une attitude forcée ni le résultat d’une accumulation de plaisirs. Elle est un don pour celui ou celle qui accueille la venue de l’Enfant-Jésus, quitte son égoïsme et s’ouvre à la vie des autres !

 
Jean Baptiste est venu annoncer la Lumière dans un monde de ténèbres et de mensonges. Il est venu annoncer la Parole dans un monde pollué par toutes sortes de bruits. Depuis longtemps, il n’y avait plus de prophète pour parler de la part de Dieu. Mais l’Évangile de ce dimanche nous annonce le changement : En Jésus, c’est Dieu lui-même qui vient vivre parmi nous. Par Jésus, la bonne nouvelle de la proximité de Dieu est annoncée aux pauvres, aux exclus, aux prisonniers, aux hommes et aux femmes rongés par la tristesse ou le découragement.

Voilà ce message de joie : Dieu n’est pas indifférent, Dieu est proche, Dieu travaille pour transformer avec nous notre monde.

 
Fr. Louis Cinq-Mars, capucin
 

« Préparer le chemin et aplanir la route »

Deuxième dimanche de l’Avent
Fr. Josy Mullassery, capucin
 
  
Le 2e dimanche de l’Avent  nous appelle  à préparer le chemin du Seigneur et attendre celui qui vient! Le temps de l’Avent, un  temps de l’attente et d’espérance; car Il vient, le Seigneur notre Dieu. Selon St. Pierre, le jour du Seigneur viendra comme un voleur. Le Seigneur n’est pas en retard. S’il est patient, c’est qu’il veut nous donner le temps de changer notre cœur (nous convertir).  St. Pierre nous explique, ce que nous attendons : le projet  bienveillant de Dieu pour nous, «c’est un  ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice ».

 
Or, nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre passivement  ce Dieu qui vient.  Il faut « préparer  le chemin » et  « aplanir la route » qui nous permet d’aller vers le Christ et lui de venir vers nous.  « Préparer le chemin et aplanir  la route », qu’est- ce à dire?  Selon St. Jean Baptiste cela veut dire « se convertir ».
 
Ce qu’il y a à aplanir? C’est peut être notre orgueil, notre avarices, notre indifférence avec  quoi nous vivons, notre attachement aux choses matérielles …
c’est peut être mille et une choses  encore…
 
« Dans l’attente de ce jour, frères bien-aimés, faites donc tout pour que le Christ vous trouve  nets et irréprochables, dans la paix. » (2 Pr.3 :14)
 
Fr. Josy Mullassery, capucin
 

Prenez garde, veillez.

Premier dimanche de l’Avent
Fr. Manual Pylee Thachuthara
 
 
 
Nous commençons une nouvelle année liturgique avec ce premier dimanche de l’Avent. En ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons notre route vers Noël. Tout le monde en parle déjà en famille, en ville et surtout dans les magasins. On prévoit chaque année de grandes réjouissances en famille ou entre amis, des réveillons, des cadeaux. L’Avent est une période d’activités, de préparation et d’attente. Il nous faut être vigilants et bien utiliser le temps qui nous est accordé. Il nous faut profiter du moment présent pour rendre notre monde plus humain, plus beau, plus vivable.

 
Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus nous dit : «prenez garde, veillez : car vous ne savez pas quand viendra le moment». «Veiller» révèle la tendresse que nous avons pour ceux et celles que nous aimons. Celui qui aime veille toujours. La mère de famille qui veut rendre sa maison accueillante veille continuellement. Lorsqu’un enfant est malade, la mère et le père veillent et entourent l’enfant… Nous devons rester éveillés et nous préparer à toutes les éventualités. Dieu nous confie le petit monde dans lequel nous vivons et nous invite à la vigilance. C’est une belle et importante responsabilité !
 
Bon temps de l’Avent…
 
Fr. Manual Pylee Thachuthara
 
 

Le fils du charpentier

Le Christ, Roi de l’Univers
(Louis de Ratisbonne)
 
 
 
«Que peut-il sortir de bon de Nazareth »?
 
«Nul n’est prophète dans son pays»!
 
Ces remarques de Jésus disent bien qu’il n’était pas facile de Le connaître vraiment. Ses compatriotes, ses apôtres n’arrivaient pas à saisir sa véritable personnalité. Pour le comprendre, faut-il croire?, il s’agit moins de raison, d’intellect mais de cœur.

 
Au risque d’en surprendre plus d’un, Jésus aujourd’hui déclare sa véritable identité : Roi de l’Univers. Roi du monde. Oui oui, vous avez bien lu : Roi de l’Univers.
 
Écoutons-Le, ce Jésus déconcertant quand il nous présente ses lettres de créance; pas question de « majesté», de grandeur ou de puissance. Il s’identifie au petit, au négligé, au mendiant. Le voilà le Roi du monde qui mendie notre amour. C’est sur notre amour -et notre amour seul- que nous serons jugés. N’allons pas chercher midi à quatorze heures. Notre Roi est Amour, et ses sujets doivent donc également l’être : amour!
 
Ce n’est pas le nombre de médailles que nous portons au cou, ce n’est pas le nombre de fois que nous allons à la messe, ce n’est pas le nombre de chapelet que nous aurons récité -tout cela nous approche de Lui, c’est vrai -mais ça n’influencera pas son jugement le moment venu.
Le «verre d’eau» en mon nom. L’accueil de l’autre en mon nom. Le kleenex offert à celui qui pleure. Le coup de main donné à la communauté chrétienne. Ma réponse aux cris du Tiers Monde etc…etc…
 
Ce n’est pas pour rire que Jésus nous a dit : Il n’y a qu’un seul commandement : aimer Dieu et le prochain!  L’un ne va pas sans l’autre.
 
«Joindre les mains, c’est bien : Les ouvrir, c’est mieux»!
 
(Louis de Ratisbonne)
 
 
 
Trente-troisième dimanche du temps ordinaire
Frère Louis Cinq-Mars, capucin
 
 
La parabole des talents est un hommage à la liberté et à la responsabilité humaine. A cette époque la monnaie appelée talent avait une telle valeur que le don de la part du maître à chaque serviteur était pratiquement illimité. Ces talents symbolisent les dons et qualités personnelles que nous avons reçues et surtout le don si précieux de connaître Jésus Christ et son Évangile.

 
Dieu nous fait confiance et s’en remet à nous. Il nous demande d’utiliser les dons reçus pour le bien commun. Il nous veut créatifs et nous invite à mettre de côté la paresse, l’inertie et la passivité afin de faire quelque chose de beau et de bon pour les gens autour de nous. Il nous demande également de prendre au sérieux l’exemple et l’enseignement de Jésus et de le faire fructifier en nous et dans le monde par des choix et des gestes concrets.
 
«Le peu que tu as compris de l’Évangile, vit le !» disait frère Roger de Taizé. Alors nous recevrons davantage et nous serons dans l’abondance car l’Évangile est un chemin qui ouvre au bonheur et à la paix du cœur.
 
Frère Louis Cinq-Mars, capucin
 

Une basilique!… Quel signe?…

Dédicace du Latran 
Fr. Régis Belzile, capucin
 
 
Une basilique!…  Quel signe?…
 
Peut-être avez-vous déjà visité la Basilique du Latran à Rome.  On la fête avec ce dimanche du 9 novembre.  « Basilique » :  un titre accordé à un lieu de culte à cause de son importance historique ou pastorale.  Il existe 22 basiliques au Canada et 5 au Québec.

 
Celle du Latran est la cathédrale du pape en tant qu’évêque de Rome.  Elle fut construite par Constantin dans les années 324, et elle a traversé les siècles sans être trop défigurée.
 
Aujourd’hui, en ce dimanche de célébration de cette Basilique, la liturgie, avec les textes de la Parole de Dieu, nous fait passer des réalités matérielles aux vérités éternelles de la foi.  Ainsi, c’est comme si la Basilique du Latran nous disait par l’intermédiaire de ces textes :  « Regardez-moi donc en transparence et comme en symbole.  Avec les yeux de la foi, contemplez-moi avec mon véritable visage! »  
 
C’est le prophète Ezéchiel qui nous parle dans un langage symbolique merveilleux.  Le nouveau temple de Dieu –l’Église de Jésus-Christ- se caractérise par un jaillissement incessant d’eau vive et vivifiante; les arbres qu’il irrigue ne servent pas seulement à nourrir les saints, ils rendent également la santé aux malades spirituels.  Ce texte ébauche même ce qu’on pourrait appeler une « écologie spirituelle ».
 
Et Jésus qui chasse les trafiquants de la maison du Père; une action tout aussi symbolique.  La fête d’aujourd’hui est donc une occasion de nous demander s’il n’y a rien dans notre existence qui ferait dire de la part du Seigneur; « Enlevez cela d’ici!  Ne faites pas de cette maison une caverne de n’importe quoi. »
 
Et S. Paul aux Corinthiens nous renvoie la balle :  « Ce temple de Dieu, c’est vous ».
 
Fr. Régis Belzile, capucin
 
 

Commémoration de tous les fidèles défunts

Tous les fidèles défunts
Fr. Manual Pylee Thachuthara, capucin
 
 
 

Aujourd’hui, nous commémorons tous les fidèles défunts. Par leur vie, ils ont exprimé leurs espérances et dévoilé un peu de ce royaume de Dieu qui nous attend. L’Église nous invite aujourd’hui à faire croître notre propre espérance, à l’élargir à la dimension de toute l’humanité.

Celui qui croit en Jésus découvre avec émerveillement que la mort n’a pas le dernier mot. Jésus nous dit que notre vie a un sens, même si elle a une apparence d’échec, même si nous sommes trahis par nos amis, démolis par nos adversaires, incompris par notre famille, terrassés par la maladie. Il nous assure que rien ne peut nous séparer de son amour : « Je suis avec vous tous les jours et jusqu’à la fin du monde. » Pour le moment, nous sommes en chemin avec des hauts et des bas. Mais le Seigneur est toujours là pour nous donner la force et le courage de tenir bon jusqu’au bout.

A chaque dimanche, nous célébrons la foi qui nous est offerte comme un don, une foi qui chasse la peur de nos vies, une foi qui ravive en nous l’espérance malgré toutes les difficultés, une foi qui nous invite  à la fidélité et à l’action dans la construction d’un monde meilleur… Pensons souvent à nos défunts, aujourd’hui spécialement et durant le mois  qui leur est consacré. Prions avec eux et pour eux.

 
Fr. Manual Pylee Thachuthara, capucin
 
 

LE PLUS GRAND COMMANDEMENT

Trentième dimanche du temps ordinaire
Fr. Alain Picard, capucin
 
 
 
 
Jésus venait de fermer la bouche aux Saducéens, nous dit l’évangile.  Les  Pharisiens et les Docteurs de la Loi ,  »empêtrés »  dans les quelques  613  règles et commandements de la Torah, la Loi juive,  croyaient bien prendre Jésus au piège.  La réponse de Jésus est tellement simple et évidente.   Il leur propose  la seule loi de l’amour  qui résume toute la Loi et les Prophètes : L’amour de Dieu et du prochain.

 
L’un ne va pas sans l’autre. L’amour de Dieu fait suite à la démarche amoureuse de Dieu pour chacun de nous, ses enfants.  L’amour que nous avons pour Dieu n’est vrai que si nous savons le vivre en aimant notre prochain.  Celui qui dit :  «J’aime Dieu et qu’il haïsse son frère, est un menteur»,  nous dit l’apôtre Saint Jean.   Et écoutons Jésus lui-même qui nous dit : «Ce que vous faites aux plus petits d’entre les miens,  c’est à Moi que vous le faites.»
 
Dieu l’affirmait déjà sur tous les tons dans l’exode. (1 lect.)  Il s’agit bien de ‘voir Dieu’  dans notre prochain, et de Le servir dans tous nos frères et soeurs,  ceux  que nous rencontrons chaque jour,  surtout les plus démunis et ceux qui sont dans le plus grand besoin.  Et Dieu qui est tout amour, nous le rendra au centuple dans son Royaume où nous sommes tous conviés.
 
Fr. Alain Picard, capucin