Voici le Dieu de toute ma joie!

Voilà la toute-puissance d’amour de notre Dieu! Il vient, dans la belle fête de Noël, à ma rencontre. Suis-je capable de lui ouvrir mon cœur pour l’accueillir? Suis-je disposé à lui faire une place de choix dans ma vie? Bien au-delà des joies et des peines, au-delà des réussites et des échecs, de la santé ou de la maladie, des joies ou des souffrances du quotidien, il y a la joie de toutes les joies, il y a la foi en cet Amour éternel qui me contemple, qui me désire et qui se réjouit d’habiter dans mon cœur. Incroyable, n’est-ce pas?

Le Christ Jésus se réjouit d’être accueilli dans mon cœur et il fait Lui-même ma joie! Plus j’accueille le Seigneur, plus Il me réjouit et plus Il me réjouit, plus je l’accueille. La joie qui dépasse toutes les joies de la terre, c’est celle qui demeure même à travers les plus grands malheurs terrestres. C’est la grande joie d’ouvrir mon cœur à l’amour divin qui ne cessera jamais de m’envelopper, de me réjouir au plus profond de mon âme. Une joie immuable que rien jamais ne pourra éteindre.

La joie profonde que rien ni personne ne pourra jamais m’enlever, c’est la joie d’accueillir pleinement Celui qui m’accueille pleinement, d’aimer follement Celui qui m’aime follement, de me réjouir en Celui qui se réjouit en moi.

Oui! Il vient Celui qui est plus puissant que tout; Il vient me baptiser, me plonger dans son cœur d’amour, vainqueur de toutes misères humaines et de toute mort. Il vient me plonger dans son Esprit d’amour éternel. Notre Seigneur Jésus Christ, c’est le feu d’une passion qui ne s’éteindra jamais. «Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est Lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, Il te renouvellera par son amour; Il exultera pour toi et se réjouira, comme au jour de fête.» (Sophonie 3, 14-18a)

Je dois donc bien préparer mon cœur à accueillir le Seigneur qui vient à ma rencontre sur mes chemins d’humanité. Le Seigneur vient pour être reçu chez moi. Voilà la Source de toute paix du cœur, la Source de toute joie de l’âme. Va, ta foi t’a sauvé!

Amen! Amen! Alléluia!

Frère Gilles Frigon, capucin.

Debout, les ami(e)s, Il s’en vient le Seigneur!

Si Luc se préparait à nous raconter une histoire inventée de toute pièce, Il aurait commencé probablement avec une phrase comme «Il était une fois…». Dès le début Luc situe son message bien concrètement : «L’an 15,,,L’empereur Tibère,,,et les autres personnalités bien connues de ce temps».

Luc rapporte donc un fait bien concret, un fait important dans l’histoire de notre rédemption et de notre salut. Le plus grand des prophètes, Jean le Baptiste, nous annonce la venue prochaine de notre Rédempteur! Sortez de votre sommeil…Haut les cœurs, Il vient celui que nos pères attendaient; Recevons Le comme il se doit!

Debout ! Une espérance nouvelle entre à flots dans nos vies ! Les illustres personnages mentionnés tombent dans l’oubli; Jean, le dernier des prophètes et le premier témoin de Jésus vient nous révéler ce qu’il appris dans le désert : dans ses cœur à cœur avec le Très-Haut, Il a déjà vu le Messie dont il nous annonce la venue prochaine.

Il nous invite donc à nous préparer à cette venue qui va changer le cours de l’histoire. Époussetage de la maison, chemise et pantalon propres … Le recevoir de manière qu’il se sente accueilli et bienvenu…pour qu’Il ait le goût de demeurer chez-nous!

Toi, Seigneur, que nous appelons «Prince de la Paix!» viens installer la paix dans mon cœur et fais que pendant cette période d’attente –que nous appelons Avent- je sois un bâtisseur de paix et d’Amour.

Viens habiter chez-moi, Dieu Très-Haut!

F. Clifford Cogger, capucin

Réveiller mon amour pour le Seigneur

L’être humain a une grande capacité d’adaptation à toutes les situations, les circonstances, les événements, les climats et les changements de toutes sortes. C’est là une très grande et très belle qualité. Par contre, on a aussi tendance à tellement bien s’acclimaté à tout, que parfois on tombe rapidement dans une sorte d’habitude, de routine qui nous engourdit le cœur au point de ne plus voir, ne plus s’émerveiller et ne plus rendre grâce pour les richesses de nos relations les uns avec les autres.

L’Avent est justement un temps qui m’est offert pour réveiller mon cœur et renouveler mon amour pour Dieu. Réveiller mon cœur à l’émerveillement d’être un baptisé, d’être un enfant de Dieu, d’être le frère du Christ, habité par l’Esprit Saint! Réveiller en moi mon amour, mon amitié, mon adoration de Dieu! Sortir de mes habitudes, de ma routine pour renouveler ma relation avec le Christ Jésus! Voir et mieux percevoir l’action du Seigneur dans ma vie, Lui qui vient toujours me combler de sa présence. Rendre grâce en laissant la louange et l’émerveillement jaillir de mon cœur. Ne pas laisser les difficultés de la vie et les souffrances envahir mon cœur, mais plutôt, me relever et redresser la tête pour me rappeler que le Christ est toujours présent en toute ma vie. Le Seigneur m’accompagne et m’inspire, Il me porte et me supportera éternellement.

L’Avent c’est le temps de ranimer mon amour pour Dieu en me rapprochant de Lui par la prière, la louange, l’adoration et l’Action de grâce. C’est l’occasion de ne pas me laisser distraire et envahir le cœur par les choses qui passent, mais de demeurer ouvert et bien centré sur l’Éternel.

Frères et sœurs bien aimés, sortons de notre sommeil, de notre léthargie et préparons nos cœurs à accueillir la naissance du Christ. Soyons un peu plus présents à Celui qui nous est toujours présent.

Que ce temps de grâce, ce temps de l’Avent prépare nos cœurs à accueillir Celui qui vient nous faire naître en sa divinité.

Fr. Gilles Frigon, capucin.

« MA ROYAUTÉ N’EST PAS D’ICI. » (Jn 18, 36)

Le texte de s. Jean nous présente un étonnant échange entre Jésus et Pilate. Ce moment très intense comporte un enjeu vital pour l’un comme pour l’autre. Pilate, s’il ne gère pas bien la « mini-crise » qui a amené Jésus devant lui, risque de compromettre sa carrière. Jésus, livré par les siens au pouvoir arbitraire d’un étranger, sait que sa vie même est en cause.

Pilate, comme tous les Romains, d’ailleurs, déteste la Palestine et les Juifs qui l’habitent. La Palestine n’est pas un « beau » territoire aux richesses attirantes. C’est un enjeu stratégique, un lieu de passage entre les riches terres d’Égypte, de Syrie et de Mésopotamie. Il faut occuper ce nœud de communications pour pouvoir contrôler les autres territoires. Mais Pilate aimerait bien être ailleurs. Et les Juifs ? Un peuple agité qui se prétend « élu de Dieu » entre tous les peuples de la terre à partir d’obscures traditions mystiques… Il faut les tenir serrés. Ils se sont plusieurs fois soulevés contre l’occupation de la terre qu’ils prétendent tenir de Dieu… Et si des troubles éclatent, ce sera sûrement au cours de ces fêtes de la « Pâque » qui provoquent d’immenses rassemblements et bien trop d’exaltation religieuse. Pilate voudrait que cela soit déjà fini…
On lui a présenté Jésus comme un prétendant au titre de Roi des Juifs que les Romains ont attribué à Hérode et à ses descendants. S’il maintient cette prétention, on aura des soulèvements. Heureusement, les prêtres, qui sont puissants, se sont, pour une fois, alliés aux hérodiens et ne veulent pas de Jésus. Et ce Jésus paraît plutôt inoffensif… Un illuminé, peut-être. Un de plus ! — « Dis, tu te prends vraiment pour un roi ? »
Pour Jésus, enraciné dans la tradition des prophètes, être Roi des Juifs, c’est amener tout ce peuple et les peuples voisins avec eux à recevoir dans la paix et dans la joie la surabondance des dons terrestres de Dieu jusqu’au moment où ce Dieu-Père comblera tous ses enfants d’un banquet savoureux durant l’éternité. On n’a pas besoin d’une couronne pour faire cela. Il suffit d’annoncer la bonté du Père. Tous les cœurs droits, assoiffés de justice et de paix y viendront d’eux-mêmes.
Les rois couronnés de ce monde, Jésus les connaît bien. Il a déjà bien ironisé sur l’un d’entre eux qui voudrait faire la guerre à son voisin mais qui lui offre hypocritement la paix parce que son voisin, pour l’instant, a plus de soldats que lui (cf. Lc, 14, 31-32). Ces rois ne sont capables que d’objectifs à court terme, pas de perspective ! — « Ma royauté n’est pas de ce monde. »

Dès lors, pour Pilate, la cause est entendue. Lui, c’est des choses de ce monde qu’il s’occupe. Il n’y a pas d’autres mondes sauf dans les esprits confus des rêveurs. Il n’y aura pas de trouble à Jérusalem et sa carrière l’amènera un jour en des régions plus agréables. Ce roi de rêves, il lui éviterait bien le sort dont on le menace… Mais si ça se complique, tant pis ! Ce n’est pas un mort juif de plus qui gênera son avancement…

Nous sommes, nous, disciples de Jésus. Pas de Pilate. Des gens puissants qui prennent des décisions lourdes de conséquences pour la vie des autres, il nous arrive bien d’en voir. Ils détiennent un pouvoir politique ou économique tout à fait de ce monde et c’est en ce monde-là, justement qu’ils entendent réussir. Mais notre vision suit celle de Jésus : Dieu veut la vie en abondance pour tous ses enfants. Et notre terre en a les moyens. Tout est affaire de partage. La Royauté de Jésus n’est pas de ce monde. Elle est universelle et englobe donc ce monde d’ici. Répétons partout avec douceur et fermeté les vérités du Royaume : « Heureux les doux, car ils posséderont la terre. Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5, 1.9).

fr. Aubert Bertrand, o.f.m. cap.

Fin du monde, dites-vous…?

Nous ne sommes pas éternels. Bien malins ceux ou celles qui voudraient nier cela. Le monde que nous habitons ne l’est pas non plus! Comme nous parlons de milliards d’années…un peu plus difficile (peut-être) d’être aussi affirmatif que pour notre vie humaine. Et pourtant, on peut affirmer que tout ce qui a eu un commencement a aussi une fin.

Déjà une question que les contemporains de Jésus se posaient. Jésus y répond à sa manière : le soleil et la lune n’éclaireront plus; c’est MOI qui reviendrai et vous apporterai LA lumière! Nous nous imaginons bien que les auditeurs – devant une telle annonce…n’ont pas fait le joint entre sa résurrection et la vie éternelle.

François d’Assise donne à ses Frères un bien joli nom et réaliste en plus : «pèlerins et étrangers en ce monde»… Quelque soit la durée de ce périple, son enchantement ou ses épreuves, un moment vient où il nous faut entrer chez-soi; retour à la maison. ‘Je suis allé vous préparer une place; car là où je suis, je veux que vous y soyez aussi.’ (Jn. 14…)

Fin du monde, avez-vous dit? Tout recommence, au contraire. C’est alors que l’on peut parler de «vie», de la VRAIE…celle qui ne finit pas. Fruit de la résurrection du Christ.

Peut-être bien qu’il me faudrait changer le titre de ce message…car OUI, nous sommes éternels!

Fr. Clifford Cogger, cap.

La pauvre veuve

En faisant l’éloge d’une pauvre veuve qui a donné tout ce qui lui permettait de vivre, tout ce qu’elle possédait, Jésus veut aussi nous parler de Lui-même, nous parler de l’Église et de l’attitude de tous les saints et saintes qui sont modèles de vie pour les baptisés. L’attitude contraire, c’est d’être égoïste en voulant tout ramener à soi-même, tout garder pour soi. Jésus nous invite au don total, complet et absolu. Le Seigneur nous rappelle et nous ramène à ce qui fait vivre, ce qui rend le cœur humain libre et joyeux. C’est le don total de tout mon être et de toute ma vie qui va unir mon cœur au Cœur de Dieu. Être égoïste, c’est assurément m’enfermer dans le malheur. Ouvrir mon cœur au partage en donnant le meilleur de moi-même à chaque jour, me fait entrer dans la vie même de Dieu. La pauvre veuve à tout donné ce qu’elle avait pour vivre. Pour vivre, l’Église doit aussi tout donner. Pour vivre, je dois aussi personnellement tout donner.

Notre Seigneur Jésus Christ se voit et se reconnaît Lui-même dans l’offrande totale de cette pauvre veuve. Dans sa Passion, dans sa mort sur la croix, Jésus a aussi tout donné, jusqu’à son dernier souffle. Il s’est offert par Amour pour toute l’humanité et puisque donner fait vivre, Il est alors ressuscité d’entre les morts. S’ouvrir au don de soi, c’est sortir du péché qui te tient dans la mort pour entrer dans la vie. C’est dire toute la valeur du don. Le moindre don, la moindre offrande, le moindre geste d’amour gratuit a donc une valeur infinie aux yeux de Dieu.

Pour qu’il y ait don, il doit y avoir privation, manque, détachement et douleur. Le superflu n’est pas un don, il est simplement une remise de ce qui n’est pas à moi et que je retiens injustement. Redonner le surplus c’est alors simplement une restitution juste et équitable d’un bien collectif que je gardais égoïstement pour moi-même. Alors que le don, c’est quelque chose qui est nécessaire à ma vie et que j’offre généreusement et amoureusement. Ainsi, on peut dire que le don n’est pas superflu puisqu’il est nécessaire à la vie, alors que le superflu n’est pas un don et il te garde nécessairement dans la mort.

La pauvre veuve s’est détachée de tout ce qui lui était essentiel. Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à la gloire du Père! Ainsi, comme l’avait si bien compris Saint-François d’Assise : «C’est en donnant que l’on reçoit, c’est en pardonnant que l’on est pardonné, c’est en partageant que l’on entre dans la joie du ciel et c’est en mourant que l’on renaît à la vie.» Devenons de plus en plus nous aussi, à l’exemple de la pauvre veuve de l’Évangile, des hommes et des femmes de partage, de don de soi, de paix et d’amour dans la communion des saints. N’oublions jamais que le don fait vivre alors que le superflu fait mourir.

Frère Gilles Frigon, cap.

Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu!

«Jésus, voyant qu’il avait répondu avec intelligence, lui dit : Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu.» (Marc 12 :34)

Les scribes du temps de Jésus sont des rabbins, les spécialistes à qui on vient demander une interprétation, un conseil spirituel, une règle de vie tirée de la Parole de Dieu. Ce scribe dans l’Évangile d’aujourd’hui, était un homme très instruit et il doit avoir été ravi d’entendre un si grand maître lui dire, devant une telle foule «tu n’es pas loin du Royaume de Dieu».

«Tu n’es pas loin»…c’est-à-dire, certes, tu es en bonne direction mais pas encore au but. Si tu n’es pas loin du Royaume cela veut dire que tu es encore au dehors; tu es près du Royaume, mais pas encore dans le Royaume! Pour être sauvé, il ne suffit pas d’être près, il faut d’être dans le Royaume de Dieu.

La réponse du scribe est admirable, et en même temps il reste «pas loin» du Royaume. Tu peux avoir saisi certaines vérités spirituelles sans être sauvé. Pour entrer dans le royaume de Dieu il faut la conversion… Jésus dit « le Royaume du Dieu est proche, convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle».

Frère Josy ofm cap

RELIRE L’ÉVANGILE POUR MIEUX LIRE LE MONDE

Depuis des années, des centaines de milliers de migrants traversent la Méditerranée depuis le Moyen-Orient ou l’Afrique du Nord pour venir trouver
refuge en Europe. Des familles entières prennent la route, hommes, femmes et enfants. Les dangers du voyage sont énormes et ils sont connus. Des dizaines de milliers déjà, sont morts en route, noyés pour la plupart. On le sait bien ; et malgré tout, les candidats au départ se bousculent encore. Certains reviennent même
après un premier échec…

Tous ces gens prennent la route pour fuir des situations désespérantes et aller vivre là où la table est mise en abondance.

Ces mortelles misères qu’ils fuient en bravant tant de dangers, ils n’en
sont pas eux-mêmes les auteurs mais les victimes.

Ceux qui, directement ou indirectement, exportent la souffrance loin de
chez eux protestent contre ces menaces d’envahissement de leur zone confortablement aménagée. Ils ont toutes sortes de raisonnement pour s’opposer à ce chambardement de l’ordre international.

Comment puis-je prendre parti dans ce débat qui trouble notre monde? Dans quel camp m’appelle ma conscience de chrétien ?

Et il est urgent que je me fasse une idée à propos de la Méditerranée, car
du Venezuela et du Honduras, une caravane volumineuse annonce une prochaine poussée vers notre Nord…

* * *

Bartimée ne prend pas la route, il est plutôt assis au bord du chemin, immobile. Il ne peut trouver le chemin d’une vie digne. Il ne voit rien, il mendie.
Son sort n’est peut-être pas luisant, mais il le mérite. Il ne serait pas aveugle, s’il n’avait pas péché… On ne sait pas vraiment ce qu’il faut lui reprocher ; mais il doit bien y avoir quelque chose…

Et puis, un aveugle peut bien rapporter un petit bénéfice à ceux qui
prennent soin de lui. Allez savoir quel part de ses aumônes sa famille se réserve en échange du gîte et du couvert ! Sa misère est sans doute rentable pour quelqu’un.

Alors, qu’il reste à sa place, assis et immobile au bord du chemin ! Qu’il accepte son sort ! Se mettre à crier : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! », c’est un acte de rébellion qui compromet l’ordre social. C’est bien pourquoi on veut l’en empêcher.

Mais Jésus l’a entendu : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » « Rabbouni, dit l’homme, que je retrouve la vue ! » Enfin, il peut s’adresser à un vrai maître,
c’est pourquoi il l’appelle Rabbouni. Et il sait bien qu’un vrai maître, proche de
Dieu, ne lui rabâchera pas ces plates considérations sur « l’ordre des choses ». Il
ose donc réclamer de retrouver les moyens de sa dignité. La réponse de Jésus
tient en peu de mots, « Va, ta foi t’a sauvé ». C’est facile à traduire : tu as bien
compris la portée de l’amour de Dieu. Prend la route et va trouver ces moyens de
ta dignité.

Effet immédiat : Bartimée voit, et il remet en route, suivant Jésus sur le chemin du salut.

* * *

En relisant l’Évangile pour mieux lire le monde dans lequel je vis, je comprends que Bartimée marche encore à la suite de Jésus et qu’il répète à tous les prostrés d’aujourd’hui que la mer sépare de leur dignité : votre espérance n’a rien
de contraire aux vues de Dieu, prenez la route et allez trouver votre part de
l’héritage commun à tous les enfants du Père.

fr. Aubert Bertrand, o.f.m. cap.

LE «DIMANCHE DES MISSIONS»? OU MIEUX. LE DIMANCHE DU FRÈRE OU DE LA SŒUR EN BESOIN…

Plusieurs années au Centre Missionnaire Sainte Thérèse (œuvre missionnaire des Frères capucins) m’ont permis grâce à de généreux bienfaiteurs, d’aider des frères, des sœurs, très souvent inconnus, à l’autre bout du monde; puits d’eau potable, les lépreux à Ciao Bin au Viet Nam et maintenant à Madagascar, écoles et dispensaires… et j’en passe !

Tous les jours étaient des «dimanches des Missions» peut-on dire ! Le «dimanche des Missions» n’est pas synonyme d’argent, de don sporadique cependant. Être missionnaire, notre vocation à tous, signifie beaucoup plus que cela.

Être missionnaire, c’est d’abord vivre la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ! On ne va pas en «mission» pour convertir des frères, sœurs, mais pour leur annoncer cette Bonne Nouvelle : nous sommes aimés de Dieu, notre Père et des sauvés, grâce à Lui.

Le philosophe Nietzsche disait un jour : «si vous, chrétiens, aviez l’air un peu plus « sauvés », il y a longtemps que nous vous aurions rejoints !» Remarque cinglante et énergisante s’il en est une ! Remarque qui nous remet à notre place ; serviteur ou, comme on dit aujourd’hui en ce dimanche ; missionnaire !

Vivre d’abord cette Bonne Nouvelle. Vivre et en vivre ! Si un pays a besoin de missionnaire, c’est bien le nôtre !

Retroussons nos manches !

Sauvés à cause de Jésus-Christ ! Demandons au Seigneur que notre joie d’être des sauvés paraisse davantage et soit plus invitante et contagieuse.

Fr. Clifford Cogger, cap.

Tout donner pour le royaume de Dieu?

On cherche souvent à se valoriser par les biens matériels que nous possédons. Je crois donner de la valeur à ma personne à partir de mes vêtements, de ma voiture, de ma maison. Ainsi, on va me reconnaître comme étant quelqu’un d’important. La publicité et le marketing vont jouer constamment sur cette faiblesse humaine.

Oui, une faiblesse humaine parce que ma véritable valeur n’est pas dans ce que je possède comme biens matériels, mais bien plus dans mes relations d’amitié, de partage, d’échange gratuit et sincère, dans mes relations d’amour, de soutien et d’entraide. La valeur de toute personne réside dans sa relation à Dieu et sa relation aux autres. Tout le reste n’ajoute rien à ton cœur, n’ajoute rien à ta personnalité. Tout le reste, vêtements, auto, maison, n’est qu’accessoire. En effet, ce qui est important, ce ne sont pas l’assiette et la fourchette avec lesquels tu manges ton repas, mais bien plus ce qu’il y a dans l’assiette et avec qui tu partages ce repas.

La vraie sagesse ne vient pas de ce que tu possèdes, mais bien plus de l’être que tu es. Ma propre valeur ne se mesure pas aux biens que j’amasse mais bien plus à ce que je partage. Le jeune homme riche de l’Évangile s’en retourne tout triste, parce que Jésus l’invite à tout donner au pauvre et à le suivre pour entrer dans le Royaume de Dieu. Jésus l’invite à ne plus s’évaluer à partir de ce qu’il possède, mais à partir de ce qu’il donne.

Il n’y a pas d’autre chemin que de tout donner pour entrer dans le royaume de Dieu. Jésus donnera tout, sa vie, sa dignité, sa volonté, sa réputation, son humanité et sa divinité par Amour de son Père et par Amour pour nous tous.

Frères et sœurs, entrons dans le royaume de Dieu en détachant notre cœur de tout ce qui est matériel et attachons-nous à ce qui vient du cœur.

Fr. Gilles Frigon, cap.