SEMEZ ET DORMEZ, AIMEZ ET FAITES CONFIANCE

Nous vivons dans un monde immense et nous
nous sentons tout petits.
Nous sommes, sur cette planète, plus de sept
milliards et demi d’hommes et de femmes qu’il faut
nourrir et à qui il faut assurer la paix.

Quand on compare les objectifs et les moyens
qui sont à notre portée on pense qu’on s’est attelé à
un projet de fous…

Et puis on regarde les puissants qui se donnent en spectacle : on les a vus débarquer de leurs gros avions… Il y en a même un qui avait apporté sa propre
limousine au cas où on ne lui trouverait pas de voiture dans les montages de
Charlevoix ! Énormes moyens, objectifs ambitieux… et résultats insuffisants même
pour une vague déclaration commune. Alors monsieur GrosMoyens va partir faire
la paix ailleurs… Et de postures impressionnantes en prétentions héroïques, de
tonitruantes rodomontades en lamentations simulées de faux incompris, il
continuera de soutenir que la paix découle chez soi de l’accès facile aux armes
meurtrières et à l’étranger de l’interdiction des armes à ceux qui ne sont pas sous
ses ordres.

Mais la seule démonstration réussie, on l’avait déjà vu des milliers de fois au cours de notre histoire : la volonté de domination appuyée sur la prétendue
supériorité de ses moyens n’est pas le chemin de la paix.

La paix pour les sept milliards et demi que nous sommes, Dieu en a
déposé les germes en chacun et chacune de nous depuis le moment de la
création. Ces germes-là ne se cultivent pas à coup de deals avantageux. « Elle est
la plus petite de toutes les semences.» «Un homme jette en terre la semence: nuit
et jour, qu’il dorme ou qu’il se lève, la semence germe et grandit, il ne sait
comment ».

Ces petits que nous sommes, portons tous en nous-mêmes les germes de
la paix pour la terre entière. Jeter en terre la semence, c’est offrir son amour sans
condition, à tous, partout. Dieu féconde nos amours et les fait croître et donner
des fruits bien au-delà de ce que nous pourrions contrôler. Qui sait aimer peut
s’endormir en paix. La paix aura pris racine avant son réveil.

Comme notre église est devenue petite ! On se souvient du temps de la
gloire… Mais notre petite église est toujours aussi capable de tenir en éveil le cœur de Dieu. Notre Québec n’aime plus la religion ? Et alors ! N’aimons pas moins
notre monde et semons la paix : «quand on l’a semée, elle grandit (…) et elle étend
de longues branches, si bien que les oiseaux du ciel peuvent faire leur nid à son
ombre. »

Nous, très discrets semeurs de paix appuyés sur la confiance en l’amour
de notre créateur, nous souhaitons la bienvenue à tous les oiseaux du ciel, même
à ceux qui arrivent à pieds par ce fameux Chemin Roxham, pour venir faire leur nid
à l’ombre de notre amitié. Venez, l’amour, la paix, c’est contagieux !

fr. Aubert Bertrand, o.f.m. cap.

Vivre en Dieu!

L’homme et la femme, dès l’origine de la création, étaient faits pour être en relation de cœur et d’âme avec Dieu. Une relation spontanée, une relation immédiate, directe et personnelle avec Dieu. On est créé pour le connaître, l’aimer et l’adorer, lui obéir en demeurant toujours à son écoute, en sa présence et dans sa joie absolue, car Dieu ne me fait, ne me veut et ne me fera éternellement que du bien.

Le péché, l’orgueil, la désobéissance me séparent de Dieu. C’est le divorce, la séparation où Dieu n’a plus vraiment de place dans mon cœur. La relation à Dieu est vraiment brisée, la communication est coupée, entre nous ça ne passe plus!

Dans son infinie miséricorde, Dieu vient à mon secours, Il vient à mon aide. Dieu prend l’initiative de rétablir la communication et de recréer la communion, de refaire l’unité entre Lui et moi. Tout cela parce que : «Près du Seigneur est l’amour, près de Lui abonde le rachat.» (Ps 130,7).

Oui! Le Seigneur Dieu lui-même en personne vient rebâtir la relation entre Lui et moi. Devant l’évidence des signes de sa main tendue, de son cœur ouvert et de son implication complète et totale dans notre humanité, Dieu attend une réponse de ma part, Il attend une ouverture du cœur, Il attend que je l’accueille et que je le reçoive. Dieu m’invite et Il attend une réponse. Il attend un signe pouvant démontrer ma bonne volonté et mon réel désir de marcher avec Lui.

Si malgré tout, je demeure replié sur moi-même, enfermé et imperméable à son amour, alors le Seigneur ne peut plus rien pour moi. C’est ce que le Seigneur appelle : «Le péché contre l’Esprit Saint.» Il ne sera pas pardonné dans le sens que Dieu ne peut pas me donner plus et davantage. Il m’a tout donné et le don de Dieu est là, toujours disponible pour moi et c’est maintenant à moi de l’accueillir.

Frères et sœurs, ouvrons nos cœurs au Seigneur. Il vient rétablir la relation entre nous afin que je puisse vraiment vivre éternellement par Lui, avec Lui et en Lui.

Fr. Gilles Frigon, cap.

« VOUS ÊTES DES DIEUX, VOUS TOUS… »

Dans l’évangile de Jean (10,34), lorsque Jésus cite ce passage d’un psaume (82,6) qui parle des juges d’Israël, il n’entend évidemment pas renier le fondement de la foi juive proclamant que Dieu est unique. Mais il souligne que nous, les humains, sommes bel et bien de la parenté de Dieu, que nous sommes faits de qualités dont la perfection n’existe qu’en Dieu lui-même et qui font sa gloire incomparable. Notre part de ces qualités nous vient de Lui et ses dons, qu’il nous a distribués, nous font briller nous aussi d’un peu de sa gloire. • • •
Nous sommes capables, hommes ou femmes, de donner de nous-mêmes pour qu’un autre existe qui deviendra autonome et se réclamera justement d’une personnalité propre sans avoir à nier qu’il – ou qu’elle – ressemble à ses parents. Nous sommes pères ou mères, mais, dans la ressemblance de Dieu, père ou mère c’est tout pareil : c’est donner de soi sans rien perdre de ce que l’on est afin qu’un autre, qui nous doit son existence, acquière son autonomie pour être père ou mère à son tour.
Il est crucial d’insister sur l’autonomie des fils et des filles par rapport aux parents car le paternalisme ou le maternalisme, c’est l’annulation de la paternité et de la maternité en retenant pour soi ce que l’on a prétendu donner. Et nous, le Père nous a faits libres.
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La gloire d’être fils et filles ! Dans l’expérience personnelle, c’est un sentiment très ancien : devant des gens qu’il voit pour la première fois, un enfant se colle contre son père ou sa mère, l’air de dire « c’est de lui – ou d’elle – que je viens ». Il y a là une fière affirmation de dépendance exempte de subordination. Le fils et la fille se fondent dans leur capacité de devenir tout en se recevant d’un autre. S’approprier le don d’autrui, acquérir les qualités que l’on admire chez un autre, apprendre de l’exemple d’un autre comment être soi-même, voilà la gloire d’être fils et filles. C’est par cette voie que l’on devient quelqu’un !
Quand des parents reprochent à un enfant – tendrement, le plus souvent – de vouloir rester bébé, c’est contre l’infantilisme qu’ils le préviennent, contre l’échec de sa filiation par le refus d’assumer son autonomie. • • •
La personne humaine étant un être de relations, elle se développe en nouant des liens en-dehors de la cellule familiale. Nous organiserons des fêtes d’enfants, des rencontres de jeunes, des associations d’étudiants, des cercles professionnels, etc. Et sur le plan très personnel, des couples se formeront. Ces rapprochements qui façonnent notre dimension sociale, ce sont des hommes et des femmes qui en sont les artisans car tous disposent d’une compétence extraordinaire qu’on peut appeler l’esprit de communion. Nous sommes capables de présenter des étrangers l’un à l’autre, de provoquer entre eux un lien qui durera. Et au besoin, nous possédons ce don de réconcilier ceux que la maladresse a séparés.
Le choix de l’isolement existe, mais comme il cause le malheur ! Pour ne pas s’embarrasser des autres, on finit tout encombré de soi-même !
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Père, Fils et Esprit, la Trinité de Dieu. Ces trois composantes essentielles de l’humanité sont si pleinement réalisées en Dieu que nous y adorons une parfaite communion de personnes sans domination ni subordination. Nous n’arrivons pas à imiter parfaitement le modèle qui nous a donné sa vie. Mais à le regarder plus souvent, nous renforçons notre espérance de faire de mieux en mieux ressortir en nous son image.

fr. Aubert Bertrand, o.f.m. cap.

Le souffle de Dieu, souffle de Vie!

Le souffle de Dieu, le souffle de Vie éternelle, ce souffle Créateur est donné à l’Église où nous sommes tous réunis autour de notre Seigneur Jésus-Christ. La maison en est remplie. Le souffle divin se manifeste et apparaît sous la forme de langues de feu qui donnent toute la force, la joie, la vie, la paix, l’audace, la fougue et l’obligation de témoigner du Christ ressuscité vivant au milieu de nous. Le Christ Jésus notre Seigneur est mort et ressuscité pour le pardon des péchés, pour la réconciliation avec Lui et pour nous faire entrer tous ensemble dans la gloire de sa vie éternelle.

La Bonne Nouvelle est annoncée par toute la terre, dans toutes les langues. Dieu Notre Père n’est pas à bout de souffle. Le souffle de Dieu n’est pas épuisé. L’Esprit Saint emplit toujours la maison (l’Église). Nous tous, croyants rassemblés en son nom, nous sommes aussi pleinement habités par son Esprit Saint. C’est lui l’Esprit Saint qui donne un langage nouveau, une langue de feu pour annoncer par toute la terre les merveilles du Seigneur.

Cessons donc d’avoir la langue de bois et accueillons la langue de feu que l’Esprit Saint nous donne. Vivons comme des frères et sœurs dans l’amour de Dieu.

Joyeuses Pâques, joyeuse Pentecôte dans l’Esprit Saint présent dans nos cœurs! Amen! Amen! Alléluia!

Fr. Gilles Frigon, capucin.

L’ASCENSION DU SEIGNEUR

« Aujourd’hui, nous célébrons l’Ascension. Moment mystérieux où Jésus disparait du regard des disciples. « Un nuée vint le soustraire à leurs yeux ». La mission de Jésus est terminée. Celle des apôtres et la nôtres commencent. Annoncer la bonne nouvelle de génération en génération. C’est ce que nous raconte la première lecture.

Dans la seconde, saint Paul nous invite à nous conduire d’une manière digne de notre vocation en ayant beaucoup d’humilité, de douceur, de patience, en nous supportant les uns les autres et en ayant soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix.

Dans les Évangiles depuis Pâques, on lut la grande prière de Jésus, avant de passer de ce monde à son père. Sa préoccupation n’est pas de savoir comment l’Église sera organisée, comment la messe et les sacrements seront célébrés et fréquentés, si le sermon sera bon ou ennuyant.

La grande préoccupation de Jésus est que nous nous aimions les uns les autres et que nous soyons unis comme lui l’est avec son Père. Notre mission de chrétiens et de chrétiennes, c’est d’être des témoins de Dieu parmi l’humanité »

Frère Pierre Viau

« Demeurez dans mon amour »

L’amour est la nouvelle loi de
l’humanité et saint Jean nous invite à
un renouveau du cœur, à avoir foi en
Jésus, et à nous aimer les uns les autres
comme Dieu le Père nous l’a commandé.

Jésus dit : « Comme le Père m’a aimé,
moi aussi je vous ai aimés… Demeurez dans mon amour ».
« Demeurez… » Cela veut dire : « Installez-vous et restez-y. » Si nous baignons dans cet amour de Dieu, nous ne pourrons plus regarder les autres comme des étrangers mais comme des frères et des sœurs.

Jésus nous appelle ses amis : « Je vous appelle mes amis, car tout ce que j’ai appris de mon Père, je vous l’ai fait connaître ». Les chrétiens, les disciples du Christ, portent ce beau titre : « Amis de Jésus ». Nous sommes ses amis parce qu’il a donné sa vie pour nous, parce qu’il nous a introduits dans le secret du projet de Dieu sur le monde, parce qu’il nous a choisis. Dieu nous invite à une relation d’amitié avec lui. Elle affecte notre relation non seulement avec Dieu mais entre nous.

Cette amitié est le fait du grand amour du Christ pour tous. Cependant nous ne pourrions, nous prévaloir de cette amitié sans en vivre les exigences, c’est à dire sans demeurer fidèles aux commandements du Père et sans accomplir la mission pour laquelle le Christ nous envoie dans le monde. « Voici ce que je vous commande : c’est de vous aimer les uns les autres. »

Fr. Josy Mullasery, o.f.m. cap.

« Comme je demeure en vous, vous, demeurez en moi.»

« Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est comme un sarment qu’on a jeté dehors, et qui se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent. »

Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples. »

Quand l’amour de Dieu n’est pas refusé dans notre vie, quand sa présence est accueillie les fruits viennent en abondance : le croyant qui devient disciple de Jésus peut se fortifier dans les demandes qu’il fait à Jésus, car déjà il vit selon lui, l’amour de Dieu est plus fort et plus vrai que tout ce qui peut traverser son cœur.

Jésus a fait le choix de demeurer en nous, il demeure en vérité en chacun de nous. Il nous porte, comme la vigne porte le sarment, d’une manière invisible, cachée. Ses « racines » sont dans le cœur du Père duquel il reçoit toute vie. Nous sommes ainsi portés par son Amour. L’amour exige la réciprocité pour être parfait. Le Père entoure de tendresse son Enfant : « Comme je demeure en vous, vous, demeurez en moi. » C’est en demeurant en Dieu Amour que nous portons du fruit.

Frère Antony o.f.m cap

FAUDRAIT PAS NOUS PRENDRE POUR DES MOUTONS !

Chaque fois que je retrouve, dans l’évangile de Jean, l’image de Jésus comme bon pasteur, je ressens un certain malaise : je n’aime pas passer pour un mouton ! Les moutons – sauf quand ils sont tout petits et doux comme des agneaux… – ne font pas très bonne impression. On pourrait croire qu’ils ne sont pas intelligents, qu’ils vont où on les pousse, collés les uns aux autres comme si aucun n’avait sa personnalité. On les poussera jusqu’à l’abattoir et ils se suivront encore là en bêlant. Je ne veux pas être de ce modèle-là.

Mon malaise vient des limites propres du langage en parabole. On utilise une image pour faire comprendre ce que l’on veut dire, mais on ne trouve jamais l’image parfaite. Celui que la parabole veut décrire avec soin, ici, c’est Jésus. Il est pour nous, comme un berger qui protège son troupeau, le guide avec compétence, se fait connaître de ses brebis et gagne leur confiance. Il donnerait sa vie pour protéger les siens. Mais nous, le seul point commun que nous avons avec les moutons de la parabole, c’est que nous sommes attaqués comme eux et qu’il est bon que quelqu’un que nous connaissons soit prêt à nous défendre. Nous ne le suivons que si nous le voulons.

Mais qui nous attaque ? Les loups sont bien déguisés. On a appris récemment que des dizaines de millions de gens s’étaient abonnés en toute confiance à un réseau social qui vous permet – gratuitement ! – d’être branchés en toute sécurité sur le monde entier. On leur avait vanté une nouvelle dimension de la liberté, la possibilité d’influencer le monde en diffusant leur pensée personnelle et l’occasion de se faire des amis aussi facilement qu’un coup de clic… Et soudain, leurs identités, avec leurs goûts, leurs opinions, leurs carnets d’adresses et leurs nombreux amis ont été vendus à une société qui conseille les politiciens sur ce qu’il faut dire aux gens pour obtenir leur vote. Et un « grand homme » s’est fait élire en disant aux électeurs ce qu’ils aimaient entendre, que ce soit bon pour le pays et le monde ou non.

Et ce n’est qu’un exemple. Ils sont des centaines lancés à notre conquête, vantant merveilleusement leur camelote pour arriver à nous exploiter et même à nous posséder. Ils inventent des modes que nous pourrions tous suivre en même temps en achetant tous les mêmes produits. Ne feront-ils pas de nous des moutons pour leur profit ?

Jésus, lui, s’offre à nous à visage découvert. Il nous montre des chemins de croissance dans une amitié plus profonde que l’effleurement d’un clic. Il nous offre de partager sa propre vie et nous exhorte à bien réfléchir avant de choisir de le suivre. Il n’y a personne à qui il pourrait vendre notre amour car lui et son Père ne font qu’un. Tous les deux, si nous voulons faire leur volonté qui inclut notre réussite, font en nous leur demeure dans la communion de l’Esprit Saint. Et nous resterons toujours libres de nos choix.

Jésus est un maître de vie et un guide sûr. Il nous protège des loups sans nous prendre pour des moutons !

fr. Aubert Bertrand, o.f.m. cap.

CES CROIX QUI BARRENT NOS CHEMINS…

Il y avait dans notre quartier, au temps lointain de ma jeunesse, une large avenue qui était le terrain rêvé de nos courses de bicyclettes. La circulation automobile, tellement moins dense en ce temps-là que de nos jours, ne nous menaçaient pas sérieusement. Et les policiers municipaux, par bonheur, avaient mieux à faire que de limiter les exubérances d’une bande de garçons aussi indisciplinés que leur âge pouvait le leur inspirer.

Le seul inconvénient, c’était la voie ferrée qui nous barrait l’avenue au cinquième coin de rue. Et pour nos courses d’endurance, cinq rues, c’était un peu court. Sans cette voie ferrée, nous aurions pu rouler à toute vitesse jusqu’aux premières pentes boisées que l’on apercevait au loin !

Et puis un jour, la Ville, qui ne savait pourtant rien de nos rêves ambitieux, a décidé de construire un pont ferroviaire et de faire passer l’avenue sous la voie. Il n’y avait plus de limites à nos exploits !

La vie humaine était ainsi depuis longtemps une piste invitante et malgré tout barrée à l’horizon par le péché et par la mort. Pour que nous puissions aller jusqu’au bout de notre destinée, il fallait que quelqu’un fasse sauter ce verrou fatidique. Et Dieu savait que nous avions l’ambition d’aller plus loin. C’est pourquoi il a envoyé son fils Jésus parcourir nos itinéraires barrés par la croix… Et Jésus a fait face à la croix avec une espérance en Dieu si totale qu’au-delà de la Croix, le Père lui a rendu la vie… augmentée de l’éternité.

Le récit de la Passion que nous lisons aujourd’hui, c’est la relation de l’effroyable épreuve qu’à vécue Jésus rédigé par ceux-là mêmes qui en ont été témoins. Ils ont tout raconté pour que nous nous souvenions comment on nous a ouvert le chemin. Complot, trahison, mépris, haine, jugement, condamnation, torture, mort, c’est pour nous que Jésus les a affrontés. Et c’est par lui nous nous avons gagné le droit d’espérer, le droit de vivre pour l’éternité. Écouter ce récit, c’est regarder le fils de Dieu nous ouvrir les chemins de la vie.

fr. Aubert Bertrand, o.f.m. cap.

La mort qui porte du fruit

Dieu ne garde rien pour Lui-même, mais Il partage tout, Il donne tout. Il n’y a rien d’égoïste en Dieu. Mais seulement, uniquement et entièrement le partage, la générosité et le don de soi. C’est ainsi qu’en Jésus Christ, Dieu me confirme, dans une garantie absolue, que la mort conduit inévitablement à une résurrection. Jésus-Christ est la certitude, le modèle, l’exemple et le «prototype» que TOUT ce qui meurt sera transformé pour entrer dans la gloire du ciel.

Jésus est venu nous garantir que toute mort appelle à une vie nouvelle et sera totalement transformée. Jésus fait de la mort le lieu où germe enfin une autre vie, une vie qui transformera tout mon être. Toutes mes actions, tous mes rêves atteints ou mes rêves déçus seront transformés en vie. Toutes les morts nous conduisent au monde de Dieu, le monde où tout est guéri, comblé et élevé bien au-dessus de nos petites réussites ou de nos plus grands échecs.

Le Christ m’appelle et m’invite à vivre toute ma vie dans sa mort et sa résurrection, puisque toute mort est une semence qui germe pour s’élever en vie éternelle. N’ayons donc pas peur de donner généreusement, pour le meilleur et pour le pire, car en Dieu rien n’est jamais perdu, mais tout est transformé.

Faire la gloire de Dieu et glorifier Dieu c’est donner, partager et mourir à moi-même dans la joie du cœur, puisque j’ai la certitude que Dieu, dans la résurrection du Christ, m’élèvera au plus haut des cieux. De tout mon être, je serai éternellement relevé en Lui.

Que toutes nos vies soient Actions de grâce, car rien ne sera perdu. Bien plus, tout sera relevé en sa toute-puissance de vie éternelle.

Que sa paix et sa joie emplissent nos cœurs. Amen!

Fr. Gilles Frigon, ofm. Cap.