La pauvre veuve

En faisant l’éloge d’une pauvre veuve qui a donné tout ce qui lui permettait de vivre, tout ce qu’elle possédait, Jésus veut aussi nous parler de Lui-même, nous parler de l’Église et de l’attitude de tous les saints et saintes qui sont modèles de vie pour les baptisés. L’attitude contraire, c’est d’être égoïste en voulant tout ramener à soi-même, tout garder pour soi. Jésus nous invite au don total, complet et absolu. Le Seigneur nous rappelle et nous ramène à ce qui fait vivre, ce qui rend le cœur humain libre et joyeux. C’est le don total de tout mon être et de toute ma vie qui va unir mon cœur au Cœur de Dieu. Être égoïste, c’est assurément m’enfermer dans le malheur. Ouvrir mon cœur au partage en donnant le meilleur de moi-même à chaque jour, me fait entrer dans la vie même de Dieu. La pauvre veuve à tout donné ce qu’elle avait pour vivre. Pour vivre, l’Église doit aussi tout donner. Pour vivre, je dois aussi personnellement tout donner.

Notre Seigneur Jésus Christ se voit et se reconnaît Lui-même dans l’offrande totale de cette pauvre veuve. Dans sa Passion, dans sa mort sur la croix, Jésus a aussi tout donné, jusqu’à son dernier souffle. Il s’est offert par Amour pour toute l’humanité et puisque donner fait vivre, Il est alors ressuscité d’entre les morts. S’ouvrir au don de soi, c’est sortir du péché qui te tient dans la mort pour entrer dans la vie. C’est dire toute la valeur du don. Le moindre don, la moindre offrande, le moindre geste d’amour gratuit a donc une valeur infinie aux yeux de Dieu.

Pour qu’il y ait don, il doit y avoir privation, manque, détachement et douleur. Le superflu n’est pas un don, il est simplement une remise de ce qui n’est pas à moi et que je retiens injustement. Redonner le surplus c’est alors simplement une restitution juste et équitable d’un bien collectif que je gardais égoïstement pour moi-même. Alors que le don, c’est quelque chose qui est nécessaire à ma vie et que j’offre généreusement et amoureusement. Ainsi, on peut dire que le don n’est pas superflu puisqu’il est nécessaire à la vie, alors que le superflu n’est pas un don et il te garde nécessairement dans la mort.

La pauvre veuve s’est détachée de tout ce qui lui était essentiel. Que l’Esprit Saint fasse de nous une éternelle offrande à la gloire du Père! Ainsi, comme l’avait si bien compris Saint-François d’Assise : «C’est en donnant que l’on reçoit, c’est en pardonnant que l’on est pardonné, c’est en partageant que l’on entre dans la joie du ciel et c’est en mourant que l’on renaît à la vie.» Devenons de plus en plus nous aussi, à l’exemple de la pauvre veuve de l’Évangile, des hommes et des femmes de partage, de don de soi, de paix et d’amour dans la communion des saints. N’oublions jamais que le don fait vivre alors que le superflu fait mourir.

Frère Gilles Frigon, cap.

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *