« Tout beau dehors, tout sale dedans »

On voit encore appliquer chez nous une coutume déplorable. Lorsqu’une femme perd son mari, on va la soupçonner tout de suite d’être à l’origine du décès de son conjoint. Et pour résoudre cette tension, on va convaincre la pauvre veuve qu’à moins qu’elle se soumette à certains rites de « purification », le malheur frappera sa famille : son propre corps, ses pieds et son ventre en particulier, vont s’enfler, ses enfants pourraient même tomber malades et mourir ou être victimes de graves accidents…

La veuve est forcée de se soumettre aux rituels afin d’écarter sa propre souillure et la malédiction de sa famille. Seuls ces rites de « purification » pourront prouver qu’elle est innocente de la mort de son mari, les refuser serait un aveu de culpabilité.

Ainsi, dès l’annonce du décès du mari la femme est directement poussée dans ce rituel très dur : on l’enferme dans sa chambre, couchée à même le sol, dépourvue de vêtements, sans nourriture, sans possibilité de se laver et sans droit de visites. Le jour même, ou le lendemain, après l’inhumation que notre climat ne permet pas de retarder, elle est soumise à une série d’épreuves : obligation de se raser la tête en signe de deuil, interdiction de se laver et encore moins de changer de vêtement. Elle ne pourra même pas laver la vaisselle dans laquelle elle mange et mangera les mains sales pendant les 43 jours de cette « purification ». La veuve supportera la raillerie de sa belle-famille qui aura confisqué tous les biens du défunt pour l’empêcher de tirer profit de ses biens car cela aurait bien pu être le motif du décès…

Ainsi le respect de la coutume ou de la tradition est présentée comme une norme sociale incontournable qu’il faut absolument observer par respect pour les ancêtres qui, autrement, lanceraient des malédictions.

C’est à cette triste réalité que me ramène la Parole de Dieu d’aujourd’hui. Nous, les brillants humains, nous inventons beaucoup de rites que Dieu ne demande pas du tout et que nous osons lui imputer.

Le commandement de Dieu devrait remplacer les mauvais comportements d’autrefois en établissant des rapports fraternels entre les humains. Le Seigneur a mis sa Parole dans nos cœurs afin qu’elle nous aide à nous débarrasser de toute souillure et de toute méchanceté.

Nous vivons dans un monde confronté à la violence, à l’indifférence et aux mépris. Il est de notre intérêt d’écouter et d’accueillir la Parole de Dieu dans nos vies parfois bouleversées, encombrées de choses inattendues et pénibles.

Si chacun et chacune de nous met en pratique les commandements de Dieu nous éviterons beaucoup de problèmes. Jésus nous dit que le pur et l’impur ne vient pas l’extérieur mais qu’il est là, tapi à l’intérieur de nous-même. Ce n’est jamais dans les réalités externes – ou dans le sentiment des ancêtres ! – mais dans son cœur même que sont conçus, bons ou mauvais, les sentiments, les pensées et les actions de l’homme. Nous sommes donc invités à discerner dans nos cœurs la source de nos inspirations contre la volonté de Dieu et à les purifier avant de les laisser sortit. Le premier soin à faire est le nettoyage de notre cœur. Alors ne jetons pas sur d’autres la responsabilité de nos tentations ou de nos fautes. La fréquentation de la Parole de Dieu et la participation régulière aux sacrements de l’eucharistie et du pardon sont des rites de purification aussi paisibles que l’amour même de Dieu.

fr. Isidore Djeneure Mbaye, o.f.m. cap.

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