Quelle nouvelle !

Avec la popularisation des réseaux sociaux, le facile accès aux journaux et la grande fréquence des nouvelles télévisées, nous pouvons constater que nous sommes relativement bien informés. Si vous avez l’habitude de vous renseigner avec l’une de ces sources, vous avez sûrement remarqué que, bien souvent, les nouvelles annoncées ne sont pas toujours très positives. Mais consolons-nous, le texte de l’Évangile de ce dimanche nous annonce une bonne nouvelle.

Effectivement, l’Évangile selon Saint-Marc débute comme suit : « Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu » (Mc 1,1). Le mot Évangile est un mot francisé du grec. À l’origine, ce mot a plusieurs significations. En grec, il est formé des mots « bon » et « ange » qui signifie : annonce ou message. Nous pouvons donc traduire Évangile par : bonne nouvelle.

Pour les Romains, Évangile désignait la proclamation d’un nouvel empereur et de tous ses faits et gestes. Dans la Bible, c’est en Isaïe que nous pouvons retrouver ce mot. Lorsqu’il est employé, il désigne un message libérateur pour le peuple juif. À l’époque de Jésus, ce même mot était utilisé pour mentionner un commentaire interprétant les Saintes Écritures.

Nous voyons bien que dans différentes traditions, cultures ou époques le mot Évangile garde son sens d’un message agréable ou important. Cependant, nous remarquons aussi certaines petites nuances qui demeurent entre les différentes utilisations. Tant mieux !
De fait, l’Évangile selon Marc, Matthieu, Luc ou Jean, n’est pas une simple biographie de la vie de Jésus à la manière des autobiographies ou mémoires des personnalités connues qui ont marqué leur temps. L’Évangile de Jésus est l’annonce, la proclamation du Christ, le Messie attendu, celui qui est Fils de Dieu. Comme dans les diverses interprétations du mot Évangile, pour nous aussi, cette bonne nouvelle doit prendre un sens significatif et interpellant pour nos vies. Comment la nouveauté apportée par Jésus influence notre agir, notre relation aux autres et à Dieu ?

Dans quelques jours déjà, nous allons commémorer la naissance de Jésus, l’incarnation de Dieu en notre monde. Nous avons là un des indices concrets et extraordinaires de la bonne nouvelle qu’est Jésus : Dieu vient partager notre condition humaine dans l’innocence et la vulnérabilité d’un petit enfant.

fr. Joseph Beaulieu o.f.m. cap.

RESTEZ ÉVEILLÉS

En ce premier dimanche de l’Avent, nous débutons une nouvelle année liturgique. Cette période nous rappelle que nous sommes en route vers Noël. Avec toute l’Église, nous nous préparons à la naissance du Christ Sauveur.

Mais la liturgie d’aujourd’hui vient nous rappeler que Noël ce n’est pas seulement un événement du passé.

C’est aujourd’hui que le Christ continue à venir dans notre vie. Dans l’Évangile Jésus nous dit de rester éveillés. Il ne nous demande pas de passer des nuits blanches en luttant contre le sommeil. Nous avons le droit de dormir et même de prendre des somnifères si nous en avons besoin. La nuit dont parle Jésus, ce n’est pas celle des horloges. Cette nuit, c’est celle de la désespérance, c’est celle d’un monde qui part à la dérive. C’est quand l’indifférence, l’égoïsme et la violence l’emportent sur l’amour.

Vivre le temps de l’Avent c’est accueillir le Sauveur qui vient faire naître en nous une grande espérance. Restons éveillés pour ne pas manquer ce grand rendez-vous. Sur ce chemin de l’Avent, le Seigneur est là. Il se fait notre compagnon de route et notre nourriture. Il est Celui qui nous annonce notre délivrance. C’est pour cette raison qu’il nous recommande de rester éveillés et de prier.

frère Antony Louiz ofm cap

« Le Royaume de Dieu ressemble… »

Un célèbre sculpteur brûlait d’envie de réaliser une statue du Christ qui soit la plus belle de tous les temps. Il se rendit dans son atelier, situé près de la mer, et il commença par façonner un modèle en argile. Il voulait donner à sa sculpture un aspect triomphant et royal. La tête était envoyée par en arrière, et les bras étaient élevés dans un geste de grande majesté. En regardant son modèle, le sculpteur était ravi: son Christ avait vraiment l’air fort et puissant.

Durant la nuit, cependant, un épais brouillard et une grande humidité entrèrent par les fenêtres de l’atelier et endommagèrent sérieusement le modèle d’argile. Toute la glaise s’était ramollie et déformée.

Lorsque le sculpteur revint au matin, il fut découragé. Tout son travail était ruiné. Il avait gaspillé son temps et ses efforts, et maintenant, il fallait tout recommencer. Mais, en regardant de plus près, notre sculpteur découvrit autre chose. En s’affaissant, la tête du Christ avait pris une attitude d’humilité. Sur le front, des gouttelettes d’eau faisaient penser à du sang. Le visage n’avait plus son air sévère, mais un air compatissant. Et les bras étaient retombés dans une position d’accueil. En regardant son modèle détérioré, le sculpteur s’aperçut qu’il avait devant lui, non pas le Christ triomphant et plein de puissance qu’il voulait faire, mais le Christ défiguré, le vrai Christ; celui de l’Évangile. Il venait de réaliser la plus belle statue du Christ de tous les temps.

Quand le Christ a vécu parmi nous, il n’a pas voulu s’identifier aux puissants et aux riches, mais aux pauvres et aux blessés de la vie. C’est pourquoi, nous sommes interpelés sur notre façon d’accueillir ceux qui manquent du nécessaire pour être heureux: notre disponibilité et notre capacité de nous investir en toute gratuité pour rendre les gens heureux autour de nous est notre condition pour accéder au règne de Dieu. Beaucoup de gens disent: « Je n’ai pas besoin d’aller à la messe, c’est la charité qui compte ». Ils ont raison, mais il ne faut pas se faire des illusions: il n’est pas naturel de toujours se laisser déranger pour rendre service, pour poser des actes de charité sans rien attendre en retour. Pour persister dans le don de soi, ça prend une vie intérieure bien nourrie et ça prend également une appartenance réelle à une communauté. Personne ne peut sauver le monde tout seul, à moins de se retrouver sur la croix.

Jadis on chantait à la fête du Christ-Roi: « Parle, commande et règne » aujourd’hui, on chante: « Se lever chaque jour et servir par amour, comme Lui ».
L’important est de faire tout ce qui nous est possible pour que personne ne souffre inutilement autour de nous. C’est alors qu’on peut entendre en écho lointain: « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Rappelons-nous dans le même sens, cet autre passage de l’évangile où Jésus dit: « Réjouissez-vous non pas pour le bien que vous avez fait, mais parce que votre nom est inscrit dans le cœur de Dieu ». [Luc 10, 20]

Gilles Baril, prêtre

Faire fructifier mes talents?

Jésus raconte une parabole à ses disciples (Mt 25, 14-30) pour bien nous faire comprendre quelle relation Dieu désire avoir avec nous, avec son Église. Dieu nous fait cadeau de la vie, Il nous fait cadeau de son Esprit Saint et Il nous fait aussi cadeau de sa confiance. Dieu nous fait confiance!

Après avoir rempli sa mission sur la terre, notre Seigneur Jésus-Christ est retourné au ciel, Il est assis à la droite du Père. Il est retourné d’où Il vient tout en nous confiant la mission de bâtir l’Église, de bâtir un monde meilleur, un monde plus juste, plus fraternel, un monde à l’image de son cœur, un monde à son image et à sa ressemblance.

Par le baptême, le Seigneur dépose en nos cœurs les dons de son amour, des talents et une capacité d’aimer comme Lui-même nous aime. Il y a en chacun de nous une passion d’amour, une capacité d’aimer du même amour que Dieu aime. Malheureusement, cette passion d’amour est souvent étouffée par le péché qui me blesse et m’empêche alors de donner le meilleur de moi-même. Dieu me guérit, Dieu me sauve. Dans sa mort-résurrection, Il me redonne vie. La vie du Christ ressuscité est en moi.

L’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. (Rm 5,5) L’amour donne des ailes! Ce n’est pas un Esprit de peur, mais c’est un Esprit de force (2Tm 1,7) que nous avons reçu, un Esprit de courage, un Esprit de foi, d’ardeur, d’initiative, de joie et de pleine confiance en Dieu. Son Esprit est avec nous, Il nous accompagne toujours sur le chemin de nos vies. La passion, l’ardeur, le dévouement, le don de soi, voilà ce qui habite le cœur des enfants de Dieu! L’amour, ça donne de se donner! Il n’est donc pas normal d’être paralysé par la peur et d’enfouir nos talents.

Le Seigneur ne me demande pas de sauver le monde; Lui, l’a déjà fait. Mais Il me demande de vivre de son Amour, de le rayonner et de le répandre à travers mes paroles et mes actions. Le Seigneur me demande simplement de me réjouir en sa présence, d’avoir le cœur en fête, de vivre la joie de l’Évangile, la joie de la résurrection! C’est ce qui touche les cœurs, qui donne le goût de Dieu et qui transforme le monde.

Faire fructifier ses talents, c’est tout ça et c’est simplement ça. Riches ou pauvres, savants ou peu instruits, malades ou en santé, la joie de l’Évangile est toujours là dans nos cœurs. N’ayons pas peur de laisser transparaître les dons de l’Esprit Saint dans nos vies. N’ayons pas peur de notre Seigneur Jésus-Christ, car nous faisons aussi sa joie quand nous le laissons habiter nos cœurs!

Amen! Alléluia! Bonne semaine.

Frère Gilles Frigon, capucin

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus s’adresse en parabole. Il se présente comme l’époux qui est attendu par dix jeunes filles. Elles veillent pour participer au banquet, à la fête qui s’en vient. Mais l’époux tarde à arriver. Un certain nombre de ces jeunes filles deviennent somnolentes et tombent endormies. L’huile de la lampe vient à manquer.

On parle souvent de l’histoire des jeunes filles prévoyantes et imprévoyantes. On a souvent pensé que l’époux qui invitait à la vite était un juge qui du haut de son trône allait décider du sort éternel des personnes qui passerait devant lui. Mais il s’agit d’une fête, pas d’une cour.

L’huile de cette lampe qui doit rester allumée, c’est l’amour de Dieu qui imprègne nos vies.

La Parole de Dieu et l’Eucharistie nous permettent de rester éveillés, de ne pas tomber dans la somnolence. Être aux aguets de la présence de Dieu dans notre vie et la vie de nos frères et sœurs, nous ouvre aux portes du Royaume de Dieu.

Fr. Pierre Viau, capucin

Qui est le plus grand?

Même si l’enseignement de Jésus sur le fait que dans le Royaume qu’il inaugure le plus grand est le plus petit nous semble familier, il n’était pas sans étonner ses contemporains.

À preuve non seulement sa fréquente répétition dans les Évangiles, en langage clair comme dans les paraboles comme celle du Pharisien et du Publicain, mais surtout l’exemple concret qu’il donne aux siens quand il plaça un enfant au milieu d’eux en leur disant de se faire semblables à celui-ci.

Plus encore, Jésus, – c’est la lettre aux Philippiens qui le mentionne clairement – n’a pas revendiqué son statut d’égal à Dieu mais a pris l’aspect du serviteur.

Du serviteur pauvre qui naquit sur la paille de la crèche et qui mourut dépouillé de ses vêtements sur la croix.

Même s’il avait dit à Pilate lui demandant s’il était roi et qu’il avait répondu: « Tu l’as dit. » Un roi pauvre et nu.

Comment se fait-il qu’après vingt siècles et plus de christianisme, la tentation de dominer au lieu de servir menace encore les personnes en autorité? Qui parfois y succombent. Et pas seulement en Église!

Par un heureux hasard (providentiel?), on médite le texte sur le service le jour où en beaucoup d’endroits se tiennent des élections municipales!

Jean-Pierre Camerlain, ptre

Le gros lot

Pour gagner le gros lot, il faut avoir la combinaison gagnante. Presqu’impossible à trouver à moins d’avoir madame « la chance » avec soi. Et pourtant, il est assez souvent gagné.

Les pharisiens qui viennent trouver Jésus pour le questionner cherchaient beaucoup plus à l’embêter qu’à trouver la bonne réponse.

Dans l’Écriture, les rabbins avaient répertorié 613 préceptes : 365 interdictions -actes à ne pas faire – et 248 commandements -actes à faire-. Ces multiples obligations dont du juif fidèle un homme qui ne cesses, tout au long du jour, de penser à Dieu. Il y a risque bien sûr d’oublier Dieu pour ne penser qu’à
ce code de conduite.

En interrogeant Jésus, les pharisiens n’ont sûrement pas pensé qu’ils nous aidaient joliment. Jésus vient tout simplement rappeler qu’avant la loi, il y a le cœur, il y a l’amour.

Une chanson française nous fait dire : «Qu’il est formidable d’aimer»; une chanson canadienne nous fait plutôt dire: «Qu’il est difficile d’aimer»…

En répondant aux pharisiens, Jésus dit d’abord qui Il EST. Il est AMOUR. À sa suite, il nous invite à être et à faire de même. Pas de hiérarchie dans les prescriptions de la loi. Dieu premier servi…

«Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi? Qui donc est Dieu qu’on peut si fort blesser en blessant l »homme», nous fait prier un hymne du bréviaire. En aimant Dieu et son prochain, pas d’erreur possible, on est sur le bon chemin…et tout proche de la combinaison gagnante pour le gros lot!

Bonne chance et que Dieu nous vienne en aide!

Fr. Clifford Cogger, capucin

LA POLITIQUE ET L’IMAGE DE DIEU (Mt 25, 15-21)

Pour un Juif, payer un impôt à un souverain étranger, c’était reconnaître son autorité comme légitime et s’y soumettre. Une telle attitude était très mal vue dans un pays marqué par un nationalisme militant. Alors, pour se montrer fier, on maintient le principe : il ne faut pas payer l’impôt à César !

Mais ce n’est vraiment qu’un principe : les Romains, le peuple de César, ont pris le pouvoir en Palestine. Et l’armée est là pour assurer la discipline… On peut donc discuter entre soi pour étaler son patriotisme mais, en pratique, il faudra payer. Tout le monde le sait.

Alors, pourquoi interroger Jésus ? Uniquement pour le compromettre ! Qu’il réponde oui ou qu’il réponde non, il se fera des ennemis. Avec un « oui », il soulèvera la colère des nationalistes conduits par les pharisiens ; avec un « non », il s’attirera la haine des hérodiens, alliés du pouvoir romain, qui n’hésiteront pas à le dénoncer comme agitateur.

Jésus est plus intelligent que ces mordus de discussions stériles sur la place publique. Alors il élève le débat et parle de gouvernance. Et, du coup, il nous donne les bases d’une conduite politique inspirée en même temps par notre responsabilité citoyenne et par notre foi chrétienne.

Rendre à César ce qui est à César, c’est respecter les règles de l’État, nécessaires au bien-être de tous dans une société pluraliste. Et cela – heureusement pour nous – est plus facile dans une société libre et démocratique que dans un pays dominé par un pouvoir étranger. Nous avons le devoir d’être des citoyens et des citoyennes soucieux de la paix, du bon ordre et de la prospérité du peuple dont nous sommes membres.

Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est discerner son image et sa ressemblance en toute personne et exiger, à cause de cela, que la société au sein de laquelle nous avons droit de parole, respecte la dignité fondamentale de tous ses membres, qu’elle fournisse à tous les moyens de leur développement et qu’elle protège efficacement les plus faibles les abus prévisibles des plus forts. C’est assurer la justice à tous et partager la prospérité entre tous. C’est refuser l’égoïsme collectif et accueillir fraternellement ces gens que leur propre terre ne peut plus nourrir.

Notre foi respecte l’autonomie de l’État. Et en même temps, elle donne ses couleurs à notre participation de citoyennes et de citoyens responsables.

Fr. Aubert Bertrand, capucin

Le passage de l’évangile selon saint Matthieu que nous propose la liturgie de ce dimanche nous expose deux paraboles insérées dans une même histoire. Ce récit nous présente que « le royaume des Cieux est comparable à un roi » qui veut célébrer des noces. Les deux paraboles qui en ressortent sont celles concernant les invités au banquet des noces, puis le vêtement de fête.

D’abord les invités! Le texte nous dit que Jésus s’adresse aux grands prêtres et aux pharisiens. Les premiers étaient comme une sorte de caste héréditaire, qui détenait le pouvoir religieux au temple de Jérusalem. Quant aux seconds, ils se présentaient comme l’élite intellectuelle autorisée à interpréter la Loi. Ces deux groupes pouvaient très bien se considérer comme étant des invités privilégiés de ces noces semblables au royaume des Cieux. Cependant il n’en est rien, puisque les invités de marque de la parabole ne s’en trouvaient pas digne. Ce fut donc « les mauvais comme les bons » qui remplirent la salle de noce. Pour Jésus tout être humain, sans tenir compte des catégories, est invité à participer au Royaume. Dans le même sens Saint Paul écrira: « dans la maison du Père, il n’y a ni Grec ni Juif, ni circoncis ni incirconcis, ni homme ni femme, ni barbare ni Scythe, ni esclave ni homme libre ». La deuxième parabole concerne le vêtement de noce. Saint Grégoire le grand, interprète ce vêtement nuptial comme étant la charité. Nous sommes invités par la foi, mais c’est par l’amour du prochain qu’il nous est possible de goûter cette communion que Dieu nous offre.

Jésus termine en disant : « Car beaucoup sont appelés, mais peu sont élus. », non pas pour exclure, mais pour nous rappeler que l’amour de Dieu n’est pas distincte de celle du prochain. Cela nous est redit dans la lettre au Colossien « Comme des élus de Dieu, mes bien-aimés, revêtez le vêtement d’amour et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience. Supportez-vous les uns les autres. Pardonnez-vous l’un à l’autre comme le Christ vous a pardonné. À votre tour, placez par-dessus tout la charité, ce lien parfait ».

Fr. Joseph Beaulieu

L’Action de grâce!

Les vignerons refusant de remettre le fruit de la vigne au maître du domaine nous montrent bien que, trop souvent, on cherche à s’approprier les bienfaits de Dieu. On entre ainsi dans un manque total de reconnaissance et de gratitude. On se replie alors en nous-mêmes, on s’enferme en nous-mêmes tout en osant prétendre que tout nous appartient. On finit par se convaincre que tout dépend de nous, que tout existe grâce à nous. Ainsi, on ne doit rien à Dieu ni à personne. C’est ce que j’appelle « le mystère de l’ingratitude. »

Dans sa mort et sa résurrection, Jésus vient ouvrir toute l’humanité à une nouvelle relation avec Dieu le Père. La vigne du Seigneur n’est plus alors un seul peuple, une seule nation, mais c’est maintenant l’Église qui rassemble dans la joie de l’Esprit Saint des hommes et des femmes de toutes les langues, de tous les peuples et de toutes les nations. L’Église est donc cette nouvelle vigne qui accueille tous ceux et celles qui désirent entrer dans la famille des enfants de Dieu.

Tous les baptisés sont donc les nouveaux vignerons vivant dans la joie de l’Esprit Saint et portant les fruits de paix, de partage, de justice et d’amour! Remettre les fruits de la vigne au Maître, c’est annoncer la Bonne Nouvelle du salut en Jésus Christ notre Seigneur! Remettre les fruits de la vigne au Maître, c’est ne jamais rien s’approprier mais tout remettre à Dieu puisque tout vient de Lui. Tout remettre à Dieu par nos chants de joie, notre louange, notre action de grâce puisque tout vient de Lui, tout est par Lui, tout est en Lui.

Que ma prière devienne un chant de louange et d’action de grâce, qu’elle porte du fruit de paix, de justice et d’amour en Dieu mon Sauveur! Comme le dit si bien le psaume : « Jamais plus nous n’irons loin de toi, fais-nous vivre et invoquer ton nom! » (Ps 79,19)

Bonne fête d’Action de grâce!

Père Gilles Frigon, o.f.m. Cap.