Invités à l’alpinisme, au dépassement.

Par deux fois, aujourd’hui, nous sommes invités à gravir une haute montagne. D’abord en accompagnant Abraham et son fils Isaac.

Dieu va tester la foi de son serviteur. Et quel test! Il lui demande rien de moins que de lui sacrifier ce fils qu’il chérit. La mort dans l’âme, on imagine, il est prêt à obéir à Dieu…qui l’arrête au bon moment. Le test de Dieu est réussi; en échange de cette loyauté Dieu le comble de ses bénédictions.

La seconde montée sur la haute montagne, c’est en compagnie de Jésus et de ses trois apôtres que nous sommes invités à la faire. Jésus réserve à Pierre, Jacques et Jean une mission spéciale : devenir des soutiens de la foi de leurs frères et sœurs. Pour les stimuler, les soutenir il leur donne un avant-goût du ciel : Il se transforme (il se dit…) devant eux. L’effet est magique : « Rabbi, comme c’est beau, comme c’est bon ici…montons-y nos tentes». Le ciel s’en mêle. «Voilà mon fils bien aimé; écoutez-le».

Le carême, pour chacun de nous, est une invitation à gravir la montagne, c’est-à-dire à nous approcher de Dieu. Il a un message spécial à adresser à chacun(e) de nous.

C’est sur la montagne que Dieu a récompensé la foi d’Abraham. C’est sur la montagne que Jésus a laissé entrevoir à Pierre, Jacques et Jean qui IL était. Il les a séduits.

C’est exactement ce qu’IL veut faire avec chacun et chacune de nous. N’ayons pas peur des hauteurs.

Haut les cœurs!

F. Clifford Cogger

« Dans l’Évangile du Mercredi des cendres dernier, Jésus nous invite à ne pas faire sonner les trompettes quand on fait l’aumône, à ne pas prier pour être bien vu, à jeûner dans la bonne humeur. Le Carême n’est pas d’abord un temps de pénitence et de privation. C’est le temps de la conversion, une marche vers Pâques. Nos ordinateurs, nos voitures ont besoin d’une maintenance, d’une mise à jour. C’est la même chose dans toute relation d’amour et d’amitié.

Vivre le Carême, c’est suivre Jésus à travers le désert. La voix de Dieu s’entend dans le silence. Dans le bruit, la télévision à tue-tête, dans les tweets de ce monde, on n’entend rien, sauf la distraction qui nous détourne de l’essentiel.

« Les temps sont accomplis: le règne de Dieu est tout proche », proclame Jésus. Aujourd’hui, sous nos yeux, la Bonne Nouvelle est en train de se réaliser. Affirmer que « tout va mal, que le monde s’en va chez le diable », c’est le contraire de ce que Jésus ne cesse de nous répéter. Le Règne de Dieu s’est approché. Il est plus proche aujourd’hui qu’hier. »

Fr. Pierre Viau, cap.

Touché en plein cœur!

Là où le monde est saisi de répulsion, Lui, Jésus est saisi de compassion!
Là où le monde est saisi d’accusation, Lui, Jésus est saisi de pardon!
Là où le monde est saisi de condamnation, Lui, Jésus est saisi de libération!
Là où le monde est saisi de mépris, Lui, Jésus est saisi de reconnaissance!
Là où le monde est saisi de désabusement, Lui, Jésus est saisi d’émerveillement!
Là où le monde est saisi de désenchantement, Lui, Jésus est saisi d’enchantement!
Là où le monde est saisi de rejet, Lui, Jésus est saisi d’accueil!
Là où le monde est saisi de blessure, Lui, Jésus est saisi de guérison!
Là où le monde est saisi de mort, Lui, Jésus est saisi de Résurrection!
Là où personne ne veut aller, où personne n’ose regarder, Lui, Il pose son regard d’Amour et de Vie!

Le Seigneur a un tout autre regard que le mien. Dieu regarde avec un cœur de compassion, ce qui nous fait dire que : «Dieu est un Père avec un cœur de mère.» Jésus s’approche de nos plaies, de nos misères, de nos souffrances. Rien de l’être humain ne le laisse indifférent. Dieu nous regarde dans toutes nos misères humaines, son cœur est saisi de compassion. Il étend la main pour toucher de sa tendresse toutes les lèpres de notre humanité. Jésus vient changer notre regard sur le monde. Je suis guéri pour marcher avec Lui et pour devenir un homme ou une femme saisi de compassion pour le monde. Vivre dans le Christ avec compassion, douceur et tendresse, voilà ma vocation de baptisé.

Soyons donc des baptisés qui répandent la Bonne Nouvelle du Salut! Soyons, avec Lui, des hommes et des femmes de compassion. Allons répandre la compassion en premier lieu dans nos propres maisons mais aussi dans toute la création.

Amen! Amen! Alléluia!

Fr. Gilles Frigon, ofm. Cap.

Chercheur d’absolu!

Les tout premiers apôtres sont des chercheurs de Dieu, des chercheurs de sens, des chercheurs de vérité, des chercheurs d’absolu. Le cœur humain est fait pour l’absolu! Le cœur de l’homme et de la femme est fait pour de « l’éternel »! Notre cœur est fait pour Dieu! Mon cœur est fait pour être habité par Dieu! Le cœur de l’homme n’a de repos qu’en Dieu seul. Dieu est le seul et l’Unique qui peut combler le cœur humain et le rendre débordant comme une fontaine d’amour intarissable.

L’Évangile nous présente les Apôtres comme étant des chercheurs de Dieu. Voilà la première condition pour que le Seigneur entre en dialogue avec nous. « Se retournant, Jésus vit qu’ils le suivaient, et leur dit :  » Que cherchez-vous?  » Ils lui répondirent! « Rabbi (ce qui veut dire : Maître) où demeures-tu? Il leur dit : « Venez, et vous verrez. » (Jn 1,38-39a)

Durant trois ans, notre Seigneur va enseigner à ses Apôtres le véritable lieu de sa demeure. Dieu ne demeure pas à une adresse civique bien précise, mais sa demeure est au cœur de notre humanité, dans le cœur de tous ceux et celles qui le cherchent en vérité. Notre Seigneur Jésus-Christ, Dieu parmi les hommes, vient demeurer et demeure toujours dans la volonté de son Père. Dieu demeure dans un cœur qui l’accueille dans la joie. Dieu demeure chez celui qui l’espère. Dieu demeure au milieu de ses frères et sœurs quand deux ou trois sont réunis en son nom. Dieu demeure dans sa Passion, dans sa mort-résurrection, dans toutes les puissances de mort qui m’enferment en moi-même pour me relever en sa gloire éternelle.

Le Christ Jésus, Seigneur Dieu de l’univers demeure chez tous les hommes et femmes de bonne volonté. Accueillons-le, laissons-le demeurer chez nous, car Il vient me faire demeure en Lui.

Amen! Amen! Alléluia!

Fr. Gilles Frigon, of.m.cap.

Épiphanie du Seigneur

Une étoile a guidé les rois mages vers le Soleil levant, vers Celui qui vient éclairer les ténèbres de nos cœurs; cette étoile nous guide vers l’Enfant de la crèche, vers Dieu qui vient à la rencontre de toute notre humanité. Bonne Nouvelle pour aujourd’hui! Dieu m’aime au point de se faire humain, de partager ma vie en toute chose sauf le péché; Dieu vient m’embrasser dans toute mon humanité!

Relevons la tête, levons-nous chaque jour pour une mise en marche! Marchons chaque jour avec Celui qui est venu, Celui qui vient et qui viendra toujours me donner et me porter sur son cœur d’amour infini. Il vient me faire marcher dans la foi, dans l’espérance contre toute espérance et dans son Amour.

Comme les rois mages, devenons des chercheurs de Dieu. Il nous guide, Il nous conduit, Il se laisse trouver et se révèle pleinement à tous ceux qui le cherchent avec un cœur ardent et sincère. Le Seigneur lui-même nous donne rendez-vous dans sa demeure. Le Seigneur lui-même, en personne, m’invite à l’accueillir en mon cœur afin de le laisser grandir en moi.

Roi mage ou berger, blanc, jaune, rouge ou noir, de l’Orient ou de l’Occident, pauvre ou riche, Dieu est pour tous, en tous et avec tous. Ouvrons-lui donc les coffrets de nos cœurs et offrons-lui nos trésors, nos présents. Offrons-lui notre accueil, notre joie, notre chaleur. Offrons-lui aussi, sans réserve et sans aucune crainte, nos pauvretés, nos misères et nos peines. Offrons-lui notre foi et notre adoration.

Accueillons Celui qui nous accueille, le Roi des rois, le Soleil de justice et d’Amour!

Amen! Amen! Alléluia!

Fr. Gilles Frigon, o.f.m. cap.

Sans se prendre pour un autre…

J’ai un ami qui porte un deuil depuis longtemps. D’un tempérament timide, effacé, timoré en vérité, il n’en avait pas moins accompagné, un beau soir d’été, un petit groupe de copains et de copines qui allaient célébrer au bar un heureux événement. On a causé, on a ri et on a bu ; trop bu.

Au moment de rentrer, mon ami n’a pas voulu monter dans la voiture de ses copains. Le chauffeur, à son avis, n’était plus en mesure de conduire. Mais il ne voulait pas passer pour une poule mouillée et n’a fait aucune mise en garde. Il s’est contenté de prétendre devoir aller visiter un parent avant de rentrer chez lui et, tout seul, il a pris un taxi.

Le lendemain matin, l’effrayante nouvelle l’a frappé de plein fouet : deux morts, des blessés dont l’une, une belle fille – bien plus vieille aujourd’hui –, qu’il croise encore souvent alors qu’on la pousse en fauteuil roulant.

Ce soir-là, il a sauvé sa vie et il en a honte !

Jean-Baptiste, dans l’évangile, voyait bien que ses contemporains étaient en train de compromettre leur salut éternel. Alors, sans précautions, parce qu’il aimait les gens, il s’est mis à dénoncer la malhonnêteté, les injustices, la corruption et les abus de pouvoir. Il encourageait ceux qui l’écoutaient à changer de vie et il leur proposait un baptême symbolique qui les laverait de leurs mauvaises orientations.

Beaucoup ont entendu sa parole et se sont ressaisis.

D’autres lui ont demandé pour qui il se prenait : « Es-tu le Messie ? Es-tu Élie ? Un prophète ? — Rien de tout ça, répond Jean-Baptiste. Vous pourriez même oublier mon non ; je n’étais qu’une voix dans votre désert… Souvenez-vous seulement que lorsque vous avez perdu la tête – ou le cœur… – on vous a prévenus du danger… »

Les personnes que nous aimons sont exposées tous les jours à des avalanches de commentaires souvent insipides mais parfois périlleux.

Instruits par la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, oserons-nous – par amour – leur signaler le danger, ou choisirons-nous prudemment (!) de « nous mêler de nos affaires » et de les laisser courir à leur perte ?

J’aime les miens. Je ne me prends pas pour un autre, mais je ne suis pas un insignifiant. Quand ma voix pouvait les sauver, j’ai osé faire entendre l’Esprit qui m’habite !

fr. Aubert Bertrand, o.f.m. cap.

Quelle nouvelle !

Avec la popularisation des réseaux sociaux, le facile accès aux journaux et la grande fréquence des nouvelles télévisées, nous pouvons constater que nous sommes relativement bien informés. Si vous avez l’habitude de vous renseigner avec l’une de ces sources, vous avez sûrement remarqué que, bien souvent, les nouvelles annoncées ne sont pas toujours très positives. Mais consolons-nous, le texte de l’Évangile de ce dimanche nous annonce une bonne nouvelle.

Effectivement, l’Évangile selon Saint-Marc débute comme suit : « Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu » (Mc 1,1). Le mot Évangile est un mot francisé du grec. À l’origine, ce mot a plusieurs significations. En grec, il est formé des mots « bon » et « ange » qui signifie : annonce ou message. Nous pouvons donc traduire Évangile par : bonne nouvelle.

Pour les Romains, Évangile désignait la proclamation d’un nouvel empereur et de tous ses faits et gestes. Dans la Bible, c’est en Isaïe que nous pouvons retrouver ce mot. Lorsqu’il est employé, il désigne un message libérateur pour le peuple juif. À l’époque de Jésus, ce même mot était utilisé pour mentionner un commentaire interprétant les Saintes Écritures.

Nous voyons bien que dans différentes traditions, cultures ou époques le mot Évangile garde son sens d’un message agréable ou important. Cependant, nous remarquons aussi certaines petites nuances qui demeurent entre les différentes utilisations. Tant mieux !
De fait, l’Évangile selon Marc, Matthieu, Luc ou Jean, n’est pas une simple biographie de la vie de Jésus à la manière des autobiographies ou mémoires des personnalités connues qui ont marqué leur temps. L’Évangile de Jésus est l’annonce, la proclamation du Christ, le Messie attendu, celui qui est Fils de Dieu. Comme dans les diverses interprétations du mot Évangile, pour nous aussi, cette bonne nouvelle doit prendre un sens significatif et interpellant pour nos vies. Comment la nouveauté apportée par Jésus influence notre agir, notre relation aux autres et à Dieu ?

Dans quelques jours déjà, nous allons commémorer la naissance de Jésus, l’incarnation de Dieu en notre monde. Nous avons là un des indices concrets et extraordinaires de la bonne nouvelle qu’est Jésus : Dieu vient partager notre condition humaine dans l’innocence et la vulnérabilité d’un petit enfant.

fr. Joseph Beaulieu o.f.m. cap.

RESTEZ ÉVEILLÉS

En ce premier dimanche de l’Avent, nous débutons une nouvelle année liturgique. Cette période nous rappelle que nous sommes en route vers Noël. Avec toute l’Église, nous nous préparons à la naissance du Christ Sauveur.

Mais la liturgie d’aujourd’hui vient nous rappeler que Noël ce n’est pas seulement un événement du passé.

C’est aujourd’hui que le Christ continue à venir dans notre vie. Dans l’Évangile Jésus nous dit de rester éveillés. Il ne nous demande pas de passer des nuits blanches en luttant contre le sommeil. Nous avons le droit de dormir et même de prendre des somnifères si nous en avons besoin. La nuit dont parle Jésus, ce n’est pas celle des horloges. Cette nuit, c’est celle de la désespérance, c’est celle d’un monde qui part à la dérive. C’est quand l’indifférence, l’égoïsme et la violence l’emportent sur l’amour.

Vivre le temps de l’Avent c’est accueillir le Sauveur qui vient faire naître en nous une grande espérance. Restons éveillés pour ne pas manquer ce grand rendez-vous. Sur ce chemin de l’Avent, le Seigneur est là. Il se fait notre compagnon de route et notre nourriture. Il est Celui qui nous annonce notre délivrance. C’est pour cette raison qu’il nous recommande de rester éveillés et de prier.

frère Antony Louiz ofm cap

« Le Royaume de Dieu ressemble… »

Un célèbre sculpteur brûlait d’envie de réaliser une statue du Christ qui soit la plus belle de tous les temps. Il se rendit dans son atelier, situé près de la mer, et il commença par façonner un modèle en argile. Il voulait donner à sa sculpture un aspect triomphant et royal. La tête était envoyée par en arrière, et les bras étaient élevés dans un geste de grande majesté. En regardant son modèle, le sculpteur était ravi: son Christ avait vraiment l’air fort et puissant.

Durant la nuit, cependant, un épais brouillard et une grande humidité entrèrent par les fenêtres de l’atelier et endommagèrent sérieusement le modèle d’argile. Toute la glaise s’était ramollie et déformée.

Lorsque le sculpteur revint au matin, il fut découragé. Tout son travail était ruiné. Il avait gaspillé son temps et ses efforts, et maintenant, il fallait tout recommencer. Mais, en regardant de plus près, notre sculpteur découvrit autre chose. En s’affaissant, la tête du Christ avait pris une attitude d’humilité. Sur le front, des gouttelettes d’eau faisaient penser à du sang. Le visage n’avait plus son air sévère, mais un air compatissant. Et les bras étaient retombés dans une position d’accueil. En regardant son modèle détérioré, le sculpteur s’aperçut qu’il avait devant lui, non pas le Christ triomphant et plein de puissance qu’il voulait faire, mais le Christ défiguré, le vrai Christ; celui de l’Évangile. Il venait de réaliser la plus belle statue du Christ de tous les temps.

Quand le Christ a vécu parmi nous, il n’a pas voulu s’identifier aux puissants et aux riches, mais aux pauvres et aux blessés de la vie. C’est pourquoi, nous sommes interpelés sur notre façon d’accueillir ceux qui manquent du nécessaire pour être heureux: notre disponibilité et notre capacité de nous investir en toute gratuité pour rendre les gens heureux autour de nous est notre condition pour accéder au règne de Dieu. Beaucoup de gens disent: « Je n’ai pas besoin d’aller à la messe, c’est la charité qui compte ». Ils ont raison, mais il ne faut pas se faire des illusions: il n’est pas naturel de toujours se laisser déranger pour rendre service, pour poser des actes de charité sans rien attendre en retour. Pour persister dans le don de soi, ça prend une vie intérieure bien nourrie et ça prend également une appartenance réelle à une communauté. Personne ne peut sauver le monde tout seul, à moins de se retrouver sur la croix.

Jadis on chantait à la fête du Christ-Roi: « Parle, commande et règne » aujourd’hui, on chante: « Se lever chaque jour et servir par amour, comme Lui ».
L’important est de faire tout ce qui nous est possible pour que personne ne souffre inutilement autour de nous. C’est alors qu’on peut entendre en écho lointain: « Venez les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la création du monde. Rappelons-nous dans le même sens, cet autre passage de l’évangile où Jésus dit: « Réjouissez-vous non pas pour le bien que vous avez fait, mais parce que votre nom est inscrit dans le cœur de Dieu ». [Luc 10, 20]

Gilles Baril, prêtre

Faire fructifier mes talents?

Jésus raconte une parabole à ses disciples (Mt 25, 14-30) pour bien nous faire comprendre quelle relation Dieu désire avoir avec nous, avec son Église. Dieu nous fait cadeau de la vie, Il nous fait cadeau de son Esprit Saint et Il nous fait aussi cadeau de sa confiance. Dieu nous fait confiance!

Après avoir rempli sa mission sur la terre, notre Seigneur Jésus-Christ est retourné au ciel, Il est assis à la droite du Père. Il est retourné d’où Il vient tout en nous confiant la mission de bâtir l’Église, de bâtir un monde meilleur, un monde plus juste, plus fraternel, un monde à l’image de son cœur, un monde à son image et à sa ressemblance.

Par le baptême, le Seigneur dépose en nos cœurs les dons de son amour, des talents et une capacité d’aimer comme Lui-même nous aime. Il y a en chacun de nous une passion d’amour, une capacité d’aimer du même amour que Dieu aime. Malheureusement, cette passion d’amour est souvent étouffée par le péché qui me blesse et m’empêche alors de donner le meilleur de moi-même. Dieu me guérit, Dieu me sauve. Dans sa mort-résurrection, Il me redonne vie. La vie du Christ ressuscité est en moi.

L’Amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné. (Rm 5,5) L’amour donne des ailes! Ce n’est pas un Esprit de peur, mais c’est un Esprit de force (2Tm 1,7) que nous avons reçu, un Esprit de courage, un Esprit de foi, d’ardeur, d’initiative, de joie et de pleine confiance en Dieu. Son Esprit est avec nous, Il nous accompagne toujours sur le chemin de nos vies. La passion, l’ardeur, le dévouement, le don de soi, voilà ce qui habite le cœur des enfants de Dieu! L’amour, ça donne de se donner! Il n’est donc pas normal d’être paralysé par la peur et d’enfouir nos talents.

Le Seigneur ne me demande pas de sauver le monde; Lui, l’a déjà fait. Mais Il me demande de vivre de son Amour, de le rayonner et de le répandre à travers mes paroles et mes actions. Le Seigneur me demande simplement de me réjouir en sa présence, d’avoir le cœur en fête, de vivre la joie de l’Évangile, la joie de la résurrection! C’est ce qui touche les cœurs, qui donne le goût de Dieu et qui transforme le monde.

Faire fructifier ses talents, c’est tout ça et c’est simplement ça. Riches ou pauvres, savants ou peu instruits, malades ou en santé, la joie de l’Évangile est toujours là dans nos cœurs. N’ayons pas peur de laisser transparaître les dons de l’Esprit Saint dans nos vies. N’ayons pas peur de notre Seigneur Jésus-Christ, car nous faisons aussi sa joie quand nous le laissons habiter nos cœurs!

Amen! Alléluia! Bonne semaine.

Frère Gilles Frigon, capucin